L’artiste italien Alessio Orrù expose ses œuvres jusqu'au 12 février au quartier des Bois-Blancs de Lille. L'Espace Édouard Pignon se transforme en un lieu où l'esprit voyage jusque dans un monde imaginaire.

« Je suis une éponge. J'observe et je dessine. » Alessio Orrù se définit ainsi. Ce Sarde bouillonnant né en 1976 expose ses œuvres à l'espace Édouard Pignon jusqu’au 12 février. Les habitants du quartier des Bois-Blancs de Lille sont aux premières loges de l’exposition « Organica Bismuth Art ». Ce titre reprend l’ambiguïté paradoxale entre matière et forme pour exprimer simplement le travail de l'auteur : « l'organisation de la chose. »
L'artiste doit tout à son envie de réussir. A peine quitté l'enfance, il étudie la sculpture sur bois en Italie. Il émigre à Valence, en Espagne, pour découvrir la taille de la pierre et la microfusion. Le sculpteur-dessinateur se confronte à la matière. Il s'approprie les formes et en révèle le potentiel naturel. Ses œuvres amènent à l'exploration de « la frontière entre le bi et le tri-dimensionnel dans une recherche constante des formes, volumes et textures ». Ses dessins se font au stylo à bille. Une technique « proche de la gravure », selon l'artiste.
Il sort des sentiers battus
L'Italien aime voyager. Il expose à Rome ou à Valence. Il travaille à Lille depuis 2009. Il fait aussi voyager, souvent dans un monde imaginaire. Il cherche la contraposition, le contraste. Ces derniers dégagent une densité et une énergie d'expression peu ordinaire. Il n'hésite pas à sortir des sentiers battus car de la surprise naît une réflexion plus approfondie.
Il tourne le regard et pointe l'index vers le tableau « Dolce amaro » pour indiquer l'œuvre préférée de son exposition. Le doux et l'amer, c'est le contraste magique qui s'exprime. Mais le tableau met aussi en scène une femme en train de semer. « Je suis allé à contre-courant de ma culture. Chez moi, c'est l'homme qui sème. Le personnage du tableau, c'est une femme car je pense que c'est elle qui va sauver le monde », précise Alessio Orrù. Pour sonder son génie et sa philosophie, il faut prendre le temps de découvrir ses œuvres.
Emmanuel NKURUNZIZA





