Apprendre une langue étrangère ne consiste pas uniquement à savoir par cœur de nouveaux mots. Étudier une langue autre que celle maternelle est aussi une ouverture vers une autre culture. Portrait de Mary-Elizabeth Vondras, une enseignante pour qui la langue de Molière est une passion.

Pour Mary-Elizabeth Vondras, professeur de français à l’université du Wisconsin, aux États-Unis, enseigner une langue étrangère est avant tout un moyen « d’inspirer l’apprentissage des sciences humaines, en présentant aux étudiants des centres d'intérêt auxquels ils ne pourraient jamais être exposés comme la littérature ou les arts ».
Pour cette Américaine originaire de Syracuse, dans l’état de New York, il s’agit aussi d’un moyen « d’aider les étudiants à acquérir des compétences dans la recherche d’informations et dans les disciplines universitaires qui leur permettront de voir qu’aucun centre d'intérêt ne leur est inaccessible ». Malgré cet enthousiasme, Mary-Elizabeth reconnaît volontiers que la plupart des étudiants américains n’ont pas une folle envie d’apprendre la langue enseignée.
« Envie d’apprendre et d’explorer »
Après avoir étudié la pédagogie et les sciences humaines (philosophie, architecture, dessin graphique, littérature française) à la Wellesley College, où Hilary Clinton a notamment suivi ses études, Mary-Elizabeth Vondras s’est tournée vers le métier d’enseignante qui « lui confère une très grande autonomie intellectuelle ».
Sa plus grande motivation ? « Pouvoir visiter des châteaux visibles dans mon livre d’école, manger dans un restaurant français et justifier un voyage à l’étranger ! Tout cela représente mon envie d’apprendre et d’explorer. » Son aptitude pour les langues a également contribué à sa réussite.
Les travaux de Le Corbusier parmi ses lectures
Pourtant, enseigner ne fut pas sa première vocation. Pendant un certain temps, la maman d’un petit Jack, âgé de 3 ans, voulait devenir architecte. Les travaux de Le Corbusier et d’autres architectes français ont fait partie de ses lectures.
Ce qu’elle apprécie le plus dans la culture française qu’elle admire tant ? « Savourer les plaisirs esthétiques de la vie. Ici, aux Etats-Unis, subventionner le développement de la culture et de l’éducation pour le grand public n’est pas une priorité pour les politiques. »
Mary-Elizabeth se considère à la fois comme une enseignante et une élève. Elle souhaite faire profiter ses étudiants de ses connaissances mais aussi leur en apprendre davantage sur la culture française. « J’adorerais passer du temps en France pour vraiment connaître le pays et sa culture. » Mais pour le moment, cette adepte du tricot a d’autres priorités : sa famille, qui passe avant tout. « Heureusement qu’Internet existe ! » La toile lui permet aujourd’hui d’étancher en partie sa soif de culture.
Johanna VANHOUTTE





