La Femme au Moyen Age

La femme au Moyen âge...Au pays d’Aldegonde, fondatrice de Maubeuge, une trentaine de savants français et étrangers groupés autour de Georges Duby se sont interrogés sur la situation de la femme au Moyen Age. Qu’elle soit diaconesse, abbesse, moniale, recluse, paysanne illuminée, chanoinesse ou historienne, elle a une place controversée dans la société religieuse. Les cimetières mérovingiens révèlent son ossature et les inscriptions funéraires paléo-chrétiennes son amour conjugal. Reine mérovingienne, scandinave, polonaise ou impératrice germanique, elle pratique dans le mariage une sainteté surprenante même pour les contemporains. Esclave saxonne, bulgare ou circassienne, servante bavarde, courtisane de luxe, haute dame noble, veuve accablée, douairière impérieuse, épouse d’assassin, toutes cherchent un bonheur et une paix que souvent la rudesse de leur temps leur refuse. Qu’elle soit au pouvoir, ou proche du pouvoir politique, on la voit tenir des papes en main, diriger ses vassaux ou se retrouver telle un pion sur l’échiquier des stratèges bourgeois parlementaires. Victime de la raison d’Etat, elle n’est chef de feu qu’à condition de payer son écot, ou princesse que si elle a accepté le choix du roi.

Femme-objet ou femme-sujette ? Même si Georges Duby montre que le XIIe siècle n’a pas été une époque de changement dans la condition féminine il n’en reste pas moins vrai que le Moyen Age a inventé la sainte, la pucelle et la dame.

La femme au Moyen âge…  : [colloque international, Maubeuge, 6-9 octobre 1988] / [organisé par la Municipalité de Maubeuge et le Centre de recherches sur le haut Moyen âge de l’Université Charles de Gaulle-Lille III] ; éd. par Michel Rouche et Jean Heuclin, Maubeuge : Ville de Maubeuge ; Paris : J. Touzot, 1990