A Lille, rejoindre une équipe de Quidditch, c’est pas sorcier !

Non,  il n’y a pas d’erreur dans le titre, vous avez bien lu, la capitale des Flandres possède bel et bien une équipe de Quidditch, le sport préféré du sorcier Harry Potter. Plus précisément de Muggle Quidditch, le Quidditch des Moldus. Car il y a tout de même une sacrée différence avec le sport de la fiction : ici les balais ne volent pas.

L'équipe de Quidditch de Lille, les Blacks Snitches, lors d'un entraînement.

L’équipe de Quidditch de Lille, les Blacks Snitches, lors d’un entraînement.

Le commun des mortels (ou devrait-on dire des Moldus) de la métropole lilloise l’ignore mais à quelques pas du Bois de Boulogne et de l’Esplanade se trouve un premier terrain de Quidditch. Les passants et les joggeurs du dimanche s’arrêtent quelques instants autour du terrain, intrigués à la vue des jeunes joueurs vêtus de noir qui enfourchent leurs balais symboliques et se lancent des ballons.

Les Blacks Snitches (les Vifs Noirs en anglais, en référence au vif d’or, la petite balle ailée utilisée dans ce sport) sont nés en 2012. Ce nom est aussi  un hommage aux mineurs du Nord, ceux qu’on appelait les « gueules noires ». « Gold will turn Black », voilà leur devise. Ce sport inspiré de la fameuse saga Harry Potter a vu le jour il y a une dizaine d’années en Angleterre et aux États-Unis.

Un sport entre fiction et réalité

Au premier abord, ce sport pourrait paraître ridicule, de jeunes adultes et adolescents, vêtus de leurs maillots officiels noirs, qui courent sur un terrain avec une sorte de bâton en mousse entre les jambes. Mais les joueurs ont l’air de tout sauf de se soucier de leur image.

Comme pour un sport classique, l’entraînement commence par un échauffement sérieux. Le Quidditch ressemble ensuite à un mix entre le rugby, le volley et la balle aux prisonniers. Les différents postes des joueurs qu’on trouve dans le livre et le film sont transposés dans la réalité. « C’est directement inspiré des livres », explique Thomas Huglo, le président de l’équipe lilloise. « Il y a deux batteurs, trois poursuiveurs, un attrapeur et un gardien. Mais avec quelques différences. Ici on trouve trois « cognards » au lieu de deux et les batteurs n’ont pas de batte, ils lancent les « cognards » sur les autres pour les éliminer comme à la balle aux prisonniers. »

Ces balles (ici des ballons de volley) sont celles que les joueurs se balancent entre eux pour se déstabiliser. Le vif d’or lui, n’est plus une petite balle sauvage mais c’est un joueur neutre vêtu de jaune. Ce dernier a une chaussette coincée dans son short. Le but des attrapeurs est de se saisir de cette chaussette pour gagner et mettre fin au match.

Les joueurs, fans ou non d’Harry Potter  sont convaincus et accros. Pour eux, une fois qu’on a testé, on oublie l’aspect extérieur du sport, ce que les gens peuvent penser, et on devient accros. Et à voir la bonne humeur et les éclats de rire lors des entraînements, ça donne envie d’enfourcher à son tour un balai.

Les Blacks Snitches ont participé les 6 et 7 décembre à la première  Coupe de France de Quidditch. Au total en France, on dénombre une dizaine d’équipes de Muggle Quidditch.

Caroline GOURRAUD (photo Madeline CHOLLET)