L’Angelus de Noël, une bière (pas si) unique

A l’heure où les fêtes de Noël permettent aux commerces de brasser plus d’argent, à la Chapelle d’Armentières près de Lille, les Lepers brassent, eux, une bière spéciale le temps des festivités : l’Angelus de Noël.

La bière est filtrée à plusieurs reprises avant d’être commercialisée.

L’Angelus. Un nom presque biblique pour une bière vieille de 100 ans. L’Angelus de Noël. Une bière éphémère brassée une fois par an par la brasserie familiale Lepers, et remise au goût du jour par Yolande et son mari dans les années 1970. Ils faisaient partie des premiers dans la région.

« Avant, la bière de Noël était exclusivement réservée aux clients qui venaient souvent. On leur offrait une bière particulière pour les remercier de leur fidélité », explique Yolande. Désormais, le « brassin de Noël » comme elle aime l’appeler, n’est plus du tout réservé à une certaine clientèle. Bien au contraire. Diversifier la gamme, et ainsi attirer un public plus nombreux ou différent, c’est bien l’objectif ici. L’économie liée à Noël, qui permet parfois à certains commerces de doubler, tripler voire quintupler leur chiffre d’affaire, est le moteur de nombre d’entre eux. Pendant deux mois, des magasins vont vivre, manger, chanter, danser et vivre au rythme de cette fête devenue tristement commerciale.

La brasserie Lepers, elle, ne peut se vanter de faire partie de ces « pros » de Noël. L’Angelus de Noël est tirée à un ou deux brassins chaque année, ce qui représente une centaine d’hectolitres. Pas de quoi rivaliser avec les géants de la mousse que sont Leffe ou encore Grimbergen. De toute manière, ce n’est pas le but : « On a toujours fait la bière de Noël, c’est logique de continuer, même s’il y a de moins en moins d’engouement pour celle-ci, car tout le monde (les brasseries) s’est mis à en brasser une. »

Les plus grands veulent aussi surfer sur la mousse de Noël

Anostéké cuvée d’hiver, Bon Secours blonde de Noël, Bush de Noël, Delirium Christmas ou encore La Mère Noël… Il serait vain de comptabiliser le nombre de bières de Noël. Chaque brasserie, ou presque, confectionne une bière hivernale. Les industriels de la bière ont bien compris qu’il y avait une opportunité à saisir.

Dans un article publié sur le site internet challenges.fr le 21 décembre 2012, on apprend que 30.000 hectolitres de ces bières spéciales ont été écoulés dans les grandes surfaces en 2011, ce qui représente une augmentation de 30% par rapport à l’année précédente. Les volumes ont été multipliés par deux en trois ans, pour un chiffre d’affaire total de 7 millions d’euros en l’espace de deux mois (les bières de Noël sortent généralement début novembre).

Voilà pourquoi cette bière, traditionnellement brassée par les abbayes, rencontre un intérêt de la part des industriels comme Kronenbourg, Affligem ou Heineken, qui ont bien compris l’enjeu de surfer sur la mousse de Noël. Quant à la brasserie Lepers, elle continuera de brasser sa bière de Noël tant que la demande existera.

Louis CAILLIER