Aotearoa

A l’heure où la plupart des étudiants français remettent leur avenir en question faute d’emploi, Céline Bisson a décidé de partir s’exiler en Nouvelle-Zélande pour tenter sa chance.

    Armée de son plus beau sourire, Céline part à la conquête d’un travail en Nouvelle-Zélande.

Armée de son plus beau sourire, Céline part à la conquête d’un travail en Nouvelle-Zélande.

Un joli brin de fille. Grande, svelte, ses longs cheveux châtain offerts à la brise matinale. Un sourire ravi affiché sur son visage, dépourvu de toute trace de maquillage. La détermination se lit au travers de ses grands yeux verts. Céline Bisson, 24 ans, obtient son Master spécialisé en achats et logistique internationale en juillet 2014. Grâce aux stages imposés durant sa formation, elle saute sur l’occasion pour partir à la découverte du monde : « J’ai vécu deux mois au Viet Nam, trois mois aux Etats-Unis et en Irlande, six mois au Royaume-Uni, et une année en Australie. »

Sans aucun doute, ces expériences ont été les plus enrichissantes de sa jeune vie. Mais depuis quelques mois, le démon chômage assombrit cette gaieté, qui rend la globetrotteuse si précieuse à son entourage. « Je suis devenue râleuse à force de ne recevoir que des réponses négatives, alors que je ne supporte pas les gens qui broient du noir. Du coup, j’ai décidé d’arrêter de me plaindre. » Quelques clics sur la page web d’un voyagiste suffisent. Le vol à destination d’Auckland est réservé.

Bien sûr, Céline aurait pu être plus patiente. Bien sûr, Céline aurait pu prendre moins de risques. Bien sûr, Céline aurait pu partir moins loin. Avec fermeté, elle martèle qu’« avec des si, on peut refaire le monde. Quoiqu’il en soit, je me donne les moyens de m’en sortir ».

« Ton destin est entre tes mains »

C’est le coup de foudre pour la Nouvelle-Zélande en avril 2012. Alors qu’elle est installée à Sydney en Australie, l’étudiante part à la rencontre de ces terres australes pendant les vacances. Une histoire d’amour platonique, un sentiment qui ne la quittera jamais. Poète à ses heures perdues, elle se pâme d’admiration pour ce pays que les locaux appellent Aotearoa : « C’est le plus bel endroit du monde ! Les paysages sont magiques, la nature grandiose et les gens d’une gentillesse incroyable. Partir, c’était là-bas ou rien du tout. »

Malgré son expérience dans l’expatriation, cette décision n’a pas été facile à prendre. « Il y a une différence énorme entre partir en stage et partir pour une durée indéterminée. Finalement, je ne sais pas quand je vais revenir et si ce sera le cas. Toute ma vie est en France, mais je me sens prête à tout recommencer s’il le faut. »

Quant aux mauvaises langues, l’experte a de quoi les faire taire : « J’entends à longueur de temps que j’ai de la chance, mais non ! Il ne suffit pas d’avoir des rêves pour avancer. J’ai enchaîné de petites missions en intérim pour créer mon budget. Si j’ai bien calculé, j’ai de quoi vivre quatre mois sur place. » Passé ce délai, il faudra rebrousser chemin. Mais la pétillante jeune femme ne désespère pas et se dit « prête à tout ». Philosophe, elle persiste et signe :« Ton destin est entre tes mains. »

Marie LEMAIRE