Corentin Charlet : un jeune politique à l’écoute du peuple

Le jeune militant du Parti de Gauche à Armentières veut cultiver la proximité.

    Le jeune homme, dans la quiétude du Mont Kemmel, où il aime régulièrement se ressourcer.

Le jeune homme, dans la quiétude du Mont Kemmel, où il aime régulièrement se ressourcer.

Sous la lumière blafarde d’un dimanche après-midi pluvieux des Flandres, on découvre un homme apaisé, dans son élément, à la Feuille Verte, estaminet typique adossé au pied du mont Kemmel en Belgique flamande. C’est ici qu’il vient régulièrement se ressourcer le week-end dans la quiétude. « C’est marrant car je suis à peine à 20 minutes de chez moi mais je me sens vraiment ailleurs ici », explique celui qui vit à Armentières depuis toujours. Car c’est bien dans la vie locale de la cité de la Toile que Corentin Charlet compte s’investir. L’étudiant en histoire de 21 ans y est d’ailleurs assistant d’éducation au lycée Paul Hazard et surtout, il vient récemment d’y créer l’antenne locale du Parti de Gauche avec comme objectif les municipales de 2020.

Ce passionné d’histoire a pris goût à la politique lors des manifestations contre la loi Darcos alors qu’il était encore au lycée. « C’est lors de ce mouvement que j’ai pris conscience que, bien que très jeunes, on pouvait faire bouger les choses ». A sa majorité, Corentin décide d’abord de prendre sa carte au PS mais il déchante assez vite. « J’avais l’impression que ma voix n’était pas entendue », explique-t-il. L’Armentiérois se tourne alors vers le Parti de Gauche et trouve enfin une voie politique qui partage sa vision du socialisme. « C’est un parti qui veut redonner une place centrale au peuple car c’est par son biais qu’on assistera à un renouveau des idées », avance Corentin.

Histoire et Islam

Curieux et cultivé, il s’est très tôt passionné pour l’histoire et a naturellement choisi cette voie pour son cursus universitaire (il est actuellement en Master à Lille 3). Corentin passe donc son enfance dans les films et livres historiques. Est-ce utile pour la politique ? « C’est important mais je pense qu’il faut surtout une solide culture générale pour pouvoir se pencher sur toutes les questions que posent notre société. »

L’historien s’est donc aussi passionné pour d’autres sujets comme l’islam. « En 2003, lors de la chute de Saddam Hussein, je trouvais que les médias n’expliquaient pas très bien la situation. J’ai voulu comprendre en m’informant par moi-même. Il y avait aussi déjà des questions en France qui se posaient autour de cette religion. » Et à la sortie des attentats contre Charlie Hebdo, cette question est plus que jamais d’actualité. Corentin, engagé en politique par conviction, n’est pas du tout dans une logique carriériste et n’a pas d’ambition nationale. Il est là pour améliorer le quotidien de ses concitoyens et (re)créer un lien fort de proximité. « C’est le vrai problème de la politique d’aujourd’hui. Il y a une crise de confiance entre les Français et leur classe dirigeante. Mais si on estime que ces gens décident mal pour nous, pourquoi ne pas s’engager nous-mêmes ? »

Corentin ne peut d’ailleurs que déplorer le désintérêt des jeunes concernant l’engagement politique. Lorsque Corentin a parlé à sa famille de son engament politique, son père a eu une réaction mitigée. « Il est très fier de moi mais il est conscient que c’est un milieu parfois hypocrite. » Avec 2020 en ligne de mire, Corentin a donc cinq ans devant lui pour convaincre la population armentièroise qu’il est l’homme de la situation. Et le chantier est conséquent. Anciennement grande productrice de textile, Armentières doit depuis longtemps se reconstruire économiquement et peu de solutions ont été trouvées pour remédier à l’appauvrissement de la ville.

Paul SION et Louis ROUSSEL