Le conseil municipal, un lieu d’échanges inattendus

Lieu d’information des riverains, le conseil municipal est connu pour détailler l’ensemble des actions menées par les élus. A Villeneuve d’Ascq, le conseil municipal s’avère également être un lieu d’échanges et de promotion de la culture.

    Nathalie, Yasmine, Hajer, Malika, Sonia, et Martaria, les héroïnes du film.

Nathalie, Yasmine, Hajer, Malika, Sonia, et Martaria, les héroïnes du film.

« Je voudrais te dire ceci » est un film du cinéaste Stéphane Querrec Le résultat d’une mission artistique en lien avec la Maison des Genêts, une structure d’action sociale et citoyenne où travaillent de nombreux bénévoles villeneuvois.

Dans ce court métrage poignant, le portrait de six bénévoles de l’association. Nathalie, Yasmine, Hajer, Malika, Sonia, et Martaria sont les actrices spontanées d’une réalisation d’une trentaine de minutes. Le film avait été projeté le 11 décembre, mais le conseil municipal avait décidé de lui accorder une attention toute particulière. Pour le maire Gérard Caudron, il s’agit d’une occasion de promouvoir « la ville, ses habitants et la solidarité en général ». La solidarité, c’est le thème principal de l’œuvre de Stéphane Querrec : au travers de « Je voudrais te dire ceci », le natif de Biarritz se pose la question du maintien du lien social.

Six portraits de femmes, qui ont trouvé dans leur action bénévole le moyen de renouer avec un lien qu’elles pensaient avoir perdu. Pour Sonia, aider les autres au sein de la Maison des Genêts, c’est avant tout le moyen d’être en activité. Cette ancienne professeure d’anglais en Algérie s’est vue contrainte de renoncer à son poste en arrivant en France, faute de diplômes reconnus par l’Education Nationale. Passée par des petits boulots, elle confie avoir été « démoralisée, perdue ». La rencontre de bénévoles de l’association lui a fait prendre conscience que rien n’était impossible : « Je voyais des personnes âgées aider les autres, prendre le temps de discuter, de faire à manger… Je me suis rendue compte que j’étais égoïste. Je m’apitoyais sur mon sort, sans me préoccuper des autres. J’ai vu des gens qui n’avaient rien, donner tout ce qu’ils pouvaient aux plus démunis. »

Un témoignage associatif bien accueilli

A l’image de Sonia, les autres bénévoles évoquent leurs angoisses, leurs motivations. Nathalie évoque ainsi son « besoin d’exister dans un monde dur, parfois cruel », mais reste convaincue de « la bonté de l’homme ». Plus prosaïque, Malika parle de sa fille, « une joie de tous les instants », qu’elle souhaite protéger. Une à une, les bénévoles se dévoilent, démontrant que le bénévolat est bénéfique pour les démunis mais aussi pour les membres de l’association. A la fin de la projection, le conseil municipal applaudit chaleureusement. Les six femmes se lèvent pour remercier le maire d’avoir pris le temps de regarder leur film. Gérard Caudron est ému, se racle la gorge : « C’est moi qui vous remercie. C’était très émouvant, merci à vous toutes », souffle-t-il.

Un ange passe, puis, comme à regret, le conseiller de l’opposition Vincent Balédent initie le retour aux habituels débats : « Le développement durable manque de mise en valeur à Villeneuve d’Ascq, on en parle peu. Nous avons très peu de chiffres dans ce rapport et nous aurions pu essayer de mettre en place un débat sur la politique énergétique lors de ce conseil ». Aussitôt, un membre de l’équipe du maire lui rétorque que la ville entreprend des efforts inédits en la matière. Sonia et ses amies quittent discrètement la salle. La parenthèse artistique est terminée, et la politique reprend ses droits au conseil municipal de Villeneuve d’Ascq.

Simon DELEPLANCQUE