Le marché du disque foire-t-il vraiment ?

La désormais traditionnelle foire aux disques de Marcq-en-Baroeul se tenait dimanche 8 février à l’hippodrome du Croisé Laroche. L’occasion de trouver la pièce manquante à sa collection…

    L'hippodrome était peuplé de mélomanes principalement intéressés par le vinyle.

L’hippodrome était peuplé de mélomanes principalement intéressés par le vinyle.

En ce jour du seigneur, lorsqu’on descend le boulevard Clémenceau, on s’attendrait à croiser des turfistes mais ce sont surtout des mélomanes qui s’apprêtent à entrer dans le hall de l’hippodrome… Grâce à un succès grandissant depuis 1997 qui lui permet  de rassembler près de 100 exposants aujourd’hui, la foire aux disques de Marcq-en-Baroeul est le rendez-vous biannuel phare de tous les collectionneurs de la région.

Tous les styles de musique sont évidemment au rendez-vous, de la variété française à la musique classique en passant par l’électro la plus étrange et anonyme, le tout gravé sur deux principaux supports : le CD, bien sûr, mais surtout le vinyle.

La manifestation peut compter sur le soutien des nostalgiques

Ce support « ringardisé » à la fin des années 80 revient sur le devant de la scène en surfant sur la tendance « vintage » qui se généralise dans la culture de la jeunesse occidentale. Mais les nostalgiques, forcément plus âgés, sont également présents et permettent à ce genre d’événement de tenir debout. Comme dirait Vîrus, rappeur, « est-ce que l’on souffre plus de ce qu’on n’a pas connu ou de ce qu’on a perdu ? » Les deux mon cher Watson.

Certains viennent même, en famille, s’enduire les doigts de poussière afin de trouver la perle rare : un best-of de Fleetwood Mac pour papa et un vinyle de break-beats pour le fiston qui se lance dans le deejaying.

Etienne, vendeur, est évidemment ravi mais s’inquiète pour le futur. « Je remarque que les plus jeunes, qui ont grandi avec Internet, ne bougent plus de chez eux pour acheter quelque chose. » Les géants comme Amazon font également peur à ce type de commerçants. « Vous avez vu l’entrepôt qu’ils ont installé à Douai ? C’est impressionnant ! » s’exclame-t-il. Quoiqu’il en soit, Etienne ose espérer qu’il y aura toujours « des gens assez motivés pour se promener dans les étals afin d’être en relation avec la matière, avec la réalité ».

Paul SION