Procès du Carlton, beaucoup de bruit pour rien ?

14 prévenus dont Dominique Strauss-Kahn, 24 avocats, 200 journalistes. L’ampleur et la surmédiatisation du procès qui s’est ouvert le lundi 2 février au Tribunal de Grande Instance de Lille ont atteint des records. Mais ne serait-ce pas le dispositif médiatique qui tendrait à accentuer l’importance de l’affaire ?

    Immense dispositif médiatique mis en place le premier jour pour le procès Carlton au TGI de Lille.

Immense dispositif médiatique mis en place le premier jour pour le procès Carlton au TGI de Lille.

C’est dans une ambiance ultra médiatisée que s’est ouvert le procès du Carlton de Lille lundi 2 février. Procès qui doit juger d’éventuels cas de proxénétisme dans cette affaire et une audience qui attire beaucoup de monde. Pas de quoi refroidir les ardeurs des journalistes qui ont envahi le hall, la salle de presse et les cafés avoisinants.

« Dodo la Saumure est venu manger ici, il était souriant et décontracté, le procès n’avait pas l’air de beaucoup l’angoisser », résume le patron du bar le Bettigny, situé en face du tribunal, avenue du Peuple Belge. Un journaliste de Canal + explique le dispositif médiatique : « On est sur le pont depuis deux jours mais on n’a pas pu assister à l’audience hier à cause du monde. »

La presse étrangère fortement mobilisée

Des Anglais, des Italiens, des Néerlandais, des Américains ont fait le déplacement. Les affaires de mœurs font souvent les choux gras de la presse étrangère. Ce procès n’a pas fait exception. Les journalistes étrangers se sont avant tout déplacés pour la présence de DSK plus que pour le fond de l’affaire. Cette dernière met tout de même en avant les problématiques du dossier et dénonce l’impunité et la corruption du monde politico-financier. Deux journalistes du DailyMail évoquent entre eux les grandes lignes de l’affaire du Carlton. « On était à fond ce matin sur la couverture médiatique et là on fait une petite pause », blague l’un des deux à la terrasse du café le Queen’s Head.

Une affaire qui attise la curiosité plus que l’analyse judiciaire précise. Le procès est perçu par la presse dans son ensemble comme un spectacle,  voire une parodie pour certains. Pour preuve, il n’y avait pas foule le mardi devant le TGI si l’on compare avec la veille.  « On peut enfin circuler et travailler normalement », lance un avocat non concerné par l’affaire, à la sortie du TGI. Une journaliste de France Télévisions explique même que le groupe n’a laissé que l’équipe du web pour le deuxième jour. « On reviendra pour le long témoignage de Dodo la Saumure et dans une semaine pour DSK », précise la jeune journaliste.

Les journalistes devraient être à nouveau mobilisés pour le retour de Dominique Strauss-Kahn à la barre du TGI le 11 février.

Hugo SIMARD