Silence, ça parlemente (chez les jeunes)

Alors que le Parlement Européen débat actuellement sur la question du libre-échange entre les Européens et les Américains, ce qui pourrait donner naissance à l’espace commercial le plus vaste du monde, une centaine de jeunes se sont réunis samedi 7 et dimanche 8 février à l’Université Catholique de Lille, dans le cadre de la 1ère session régionale du comité nord-est du Parlement Européen des Jeunes-France (PEJ). Eux aussi ont débattu, se sont opposés, et ont finalement voté. Mais pas les mêmes choses.

    De l’importance d’être des citoyens européens actifs

De l’importance d’être des citoyens européens actifs

Apolitique. A but non lucratif. Non partisan. Et associatif. Voilà, dans les grandes lignes, comment se définit le PEJ-France, le Parlement Européen des Jeunes-France. Avouez que mettre en lien ce dernier et le Parlement Européen relèverait du domaine de l’absurdité. Quand l’un ne cherche pas à faire de profits, l’autre s’attire la sympathie des lobbyistes qui s’emploient à faire valoir leurs idées, du point de vue purement économique.

Pourtant, comme le précise Barbara Mallet, la présidente du comité nord-est, « au niveau national et européen lorsqu’on se réunit, beaucoup de personnalités politiques assistent à nos débats. Certaines de nos idées sont mêmes reprises lors des séances au Parlement Européen. » Mais les deux n’ont « rien à voir », renchérit-elle.

Le PEJ, c’est une association de jeunes issus de différents pays européens, divisée à l’échelle nationale et régionale, qui mène des actions auprès des 16-25 ans afin de les sensibiliser à l’importance d’être des citoyens européens actifs. Autrement dit, se familiariser avec le processus démocratique. Il n’a pas vocation à créer, alerter, ni la prétention de vouloir être pris en compte dans les décisions européennes, même si certains sujets ou résolutions du PEJ y ont été abordés, débattus. Il souhaite simplement faire changer les mentalités des jeunes, qu’ils vivent pleinement leur citoyenneté européenne.

Prouver que la jeunesse peut agir

Ce dimanche à l’Université Catholique de Lille, les jeunes sont réunis en assemblée plénière et travaillent par exemple à l’application de la convention des droits de l’enfant dans l’Union Européenne. En quoi consiste-t-elle concrètement ? Comment peut-on l’améliorer ? Comment l’appliquer au mieux ? A l’étage, une autre commission s’intéresse, elle, à l’harmonisation de l’espace Schengen. Des problématiques diverses et variées. Une fois les décisions prises après de longs échanges où chacun, du fédéraliste à l’eurosceptique, peut s’exprimer, « les propositions sont diffusées. On espère alors pouvoir influencer les « décideurs » par la voix des jeunes », résume la jeune présidente. Même si ce n’est pas le but principal.

Louis CAILLIER