La danse, une histoire de famille

Nichée au cœur du quartier St Maurice Pellevoisin rue de Valmy à Marcq-en-Barœul, l’école de danse Rond-Point des Arts accueille plus de 700 élèves de 4 à 50 ans. Une discipline qu’enseignent Claire et Benjamin Cousin depuis plus de vingt ans.

    Un après-midi à Deauville, l'un des tableaux classique présenté lors du spectacle 2014.

Un après-midi à Deauville, l’un des tableaux classique présenté lors du spectacle 2014.

« La danse a toujours été une évidence pour nous », confie Claire. Le couple s’est rencontré au conservatoire de Lille où ils suivaient des cours pour devenir danseurs professionnels. Très vite l’envie de transmettre leur passion et de créer leur propre école s’est manifestée : « Petite, je rêvais d’être Delphine Desyeux et de fouler le sol de l’Opéra Garnier, je pouvais rester des heures devant L’Age heureux où la vie de petits rats était racontée. Mes parents m’ont très vite inscrits à la danse avec mes sœurs. Après avoir terminé le Conservatoire, j’ai été rappelée par mon ancienne professeur de danse classique, Mme Lecocq. Celle-ci me demandait de reprendre son cours à L’Amicale de l’Arbre Vert de Marcq-en-Barœul, c’est comme ça que tout a commencé ».

Au départ, seul neuf élèves donnent naissance au projet mais rapidement le bouche à oreille amène du monde et les demandes sont de plus en plus importantes : « En à peine deux mois, le nombre d’inscrits avait doublé. Un cours de jazz que j’enseignais a pu s’ajouter au classique et attirer de nouveaux adhérents. La demande était telle que nous nous sommes mis à chercher une plus grande salle », explique Benjamin.

C’est au 24 rue de Valmy que Rond-Point des Arts a vu le jour en 1991. Aujourd’hui, l’école compte plus de 700 élèves dont 225 en classique, 325 en moderne jazz et 150 en éveil. « Dès le départ nous avons voulu proposer un cours d’éveil pour les petits. C’est d’ailleurs l’une des sœurs de Claire qui s’en charge. Danseuse mais également diplômée d’un certificat d’aptitude professionnel à la petite enfance, cette classe lui correspondait parfaitement. Par le biais d’exercices corporels, elle permet aux enfants de prendre connaissance de leur corps, mais aussi de l’Autre dans l’espace », poursuit Benjamin. Une ouverture à la danse qui varie selon la catégorie : « On fait le même métier mais on ne travaille pas de la même manière. Le classique relève de l’exigence et demande beaucoup d’exactitude. On s’attend à des mouvements précis, à quelque chose de traditionnel. Avec le moderne, je peux partir dans la création plus facilement et laisser parler mon inspiration », ajoute ce dernier. Le travail fourni à l’année est chorégraphié dans un spectacle commun au Théâtre Sébastopol.

« C’est la concrétisation de mois de rigueur et de dur labeur »

L’idée de représentation à thème est arrivée quelque temps après la création de l’école : « Quand on a commencé, chaque professeur construisait sa partie comme il l’entendait. Le spectateur assistait à différents tableaux sans qu’il n’y ait vraiment de continuité. Notre premier vrai spectacle a été celui de la Belle et la Bête en 94, c’est à ce moment-là que nous avons instauré la notion de fil conducteur qui a beaucoup plu », justifie Benjamin.

La justesse des chorégraphies, la beauté des décors et des costumes ont contribué au succès du Rond-Point des Arts. « C’est la concrétisation de mois de rigueur et de dur labeur quel que soit le domaine. Tous les ans nous faisons appel à un peintre qui nous réalise des décors en bois. Les costumes sont fait en majeure partie par ma mère, ancienne couturière ainsi que par quelques mamans », renchérit Claire. Leur réussite a valu l’ouverture d’une seconde enseigne à Bondues : « Nos cours restent les mêmes mais sont dispensés par d’autres professeurs. Il nous était impossible de concilier les deux tant nos volumes horaires sont importants », affirme Benjamin.

Cette année le classique proposera une vision du ballet au fil des siècles, véritable illustration de cet art de précision. Quant au moderne, un enchaînement de chorégraphies présentera les diverses possibilités que représente l’au-delà : « Je ne m’arrête pas au sens propre du terme, je vais plus loin. L’au-delà ne signifie pas seulement la vie après la mort. Je m’inspire du monde qui m’entoure et construis mon spectacle comme un livre avec ses titres et ses chapitres », précise Benjamin. Encore quelques pas de danse à découvrir qui ne seront certainement pas les derniers.

Alice TEMMERMAN