Le twirling bâton, un sport chorégraphié au millimètre

Quand on regarde le twirling, on se remémore les défilés de majorettes. Ce sport y ressemble mais est différent sur de nombreux points. Le Twirling Club Lillois propose des cours chaque semaine. Rencontre et découverte d’un sport en devenir mais peu médiatisé.

    Le lancer et la réception du bâton comptent pour beaucoup de points dans l’enchaînement.

Le lancer et la réception du bâton comptent pour beaucoup de points dans l’enchaînement.

La gymnastique et la danse, voici ce qui différencie la majorette de la twirleuse (to twirl : tournoyer). Sport venant tout droit des États-Unis, né à la fin des années 70, puis reconnu en 1985 en France, le club de Lille fait partie des tout premiers à être apparu en France, en 1994. Le Twirling Club Lillois compte au moins une vingtaine de licenciés, essentiellement des filles même si cette discipline est ouverte aux garçons. Danse, gymnastique, jonglage et expression corporelle sont les éléments qui affirment la grâce de ce sport.

Les caractéristiques sont simples. Un bâton unique est attribué à chaque athlète. Une présentation en individuel, en duo et en équipe sont les possibilités de représentation. Des évolutions tridimensionnelles du corps et du bâton permettent de réaliser des figures artistiques. Une réalisation d’enchaînements destinés à être vus et jugés suivant un règlement strict comme pour le patinage artistique ou la gymnastique rythmique.

Maël, 14 ans, pratique le twirling depuis trois ans. « C’est l’expression du corps qui est très appréciable, ce sont les coachs qui nous préparent les chorégraphies pour qu’on réalise le plus de points », précise le jeune garçon, qui va souvent loin dans les compétitions. Le twirling bâton est un sport artistique très complet et très varié. Il exige un sens de l’équilibre et une technique qui s’acquièrent grâce à un entraînement régulier. Il se pratique en loisir et en compétition.

Un sport en mal de reconnaissance

Marie-Pierre Aernouts, trésorière adjointe et animatrice loisirs, encadre ce sport avec des entraîneurs qualifiés. « Pour moi, les majorettes forment un troupeau qui défile et de toute façon, ce n’est pas comparable, c’est un autre concept, lance l’animatrice. Il faudrait que les télés viennent filmer les finales des compétitions nationales ».

Ce sport n’est médiatisé qu’à travers des articles régionaux seulement et des vidéos sur des sites spécialisés qui sont à retrouver en fin de saison afin de ne pas dévoiler les techniques au cours de l’année. Présentée comme discipline olympique test aux JO de Sydney en 2000, elle n’a finalement pas été retenue. De nombreuses catégories existent ainsi que des groupes de niveau comme pour la boxe afin qu’il y ait une certaine équité. Trois millions de pratiquants sont recensés dans le monde selon la World Baton Twirling Federation et on dénombre 13.000 licenciés en France.

Dans le club lillois, sept pratiquants participeront le premier week-end de mars aux compétitions départementales. Flavie, 13 ans : « Cette année, je ne fais que du solo, les mouvements sont différents du duo où il faut être très synchronisé avec la musique.  » Emilie, 15 ans, en est à sa cinquième année de pratique : «  L’esprit d’équipe dans les compétitions est le plus important », explique l’adolescente. Pour obtenir une licence, les adhérents doivent s’acquitter de 35 € en loisirs et de 150 € pour participer aux compétitions. Les frais sont pris en charge par le club.

Un sport peu reconnu et qui doit s’affirmer face aux majorettes mais qui mériterait d’être davantage médiatisé comme peut l’être le patinage artistique où sport et élégance se côtoient dans un ballet harmonieux.

Olivier DESSALLE, Emilie LAFOND et Hugo SIMARD