Le Palais des Beaux-Arts, l’antre de la créativité

Deux fois par semaine, juste avant la fermeture du Palais des Beaux-Arts de Lille, un groupe d’adultes se rend au sein du musée. Peinture, craie, argile, toutes les matières sont mises à leur disposition pour satisfaire leurs élans créatifs.

Beaux-Arts - François, un membre de l’atelier, travaille depuis plusieurs semaines sur son projet de sculpture de Sphinx.

François, un membre de l’atelier, travaille depuis plusieurs semaines sur son projet de sculpture de Sphinx.

Il faut descendre dans les sous-sols obscurs du Palais des Beaux-Arts de Lille pour découvrir cette salle. Un havre de lumière et de créativité à la fois. A l’ouverture de la porte, une ambiance joyeuse règne déjà à l’intérieur. Les bruits de râpes, de ciseaux à bois et les griffonnements de crayons surmontent le brouhaha discret de ces amateurs d’art. Aux côtés des habitués grisonnants, les enfants et les adolescents ont également leurs ateliers artistiques.

Pendant une heure, petits et grands vont donc cohabiter dans cet antre artistique. « L’atelier des plus jeunes se termine vers 18h, celui des plus âgés dure jusque 20h. On pourrait presque entendre les mouches voler, ils sont tellement investis dans leur projet respectif », se réjouit Colette d’Halluin, la responsable de l’atelier.

Au programme, patience et créativité

Chacun choisit le matériau qu’il souhaite utiliser avec les imprévus que cela peut occasionner. C’est le cas de Marie, chirurgien-dentiste qui réalise plusieurs visages en argile : « J’avais commencé à faire deux têtes il y a deux semaines mais lorsque je suis revenu le cours suivant, l’une d’entre elles s’était effondrée et cela m’a donné l’idée d’un troisième visage, voire même d’un quatrième. » Un travail qui demande beaucoup de dextérité, et de patience.

De la patience, Bernard, un intermittent du spectacle n’en manque pas, ni d’humour. Ce dessinateur chevronné retravaille une œuvre du peintre belge Félicien Rops (Son Altesse la Femme) à la craie. « C’est une œuvre pleine de petits détails, qui sont vraiment les plus difficiles à réaliser. Des détails très osés, si je puis dire », sourit-il malicieusement.

Oser, c’est bien le maître mot de ces ateliers artistiques. « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles », déclame fièrement Bernard devant ses camarades artistes. Pendant près de deux heures et demie de création, tous les participants se baladent dans la salle pour s’entraider, se parler ou même trouver l’inspiration pour une nouvelle œuvre. La bonne humeur est donc de mise pour ces artistes amateurs qui peuvent frôler le professionnalisme. Colette d’Halluin est fière de la créativité de ses protégés : « On n’a pas beaucoup de moyens, mais il y a toujours moyen de faire ici ! »

Simon DELEPLANCQUE