Sport : quand les femmes osent franchir le pas

Rugby, football américain, motocross, hockey sont autant de sports qui paraissent au premier abord s’adresser aux hommes mais qui, avec le temps, se féminisent de plus en plus. A l’occasion du 8 mars, journée internationale des droits de la femme, retour sur une tendance qui ne fait que commencer.

    Il n’est plus étonnant aujourd’hui de voir des femmes fouler les terrains de football américain.

Il n’est plus étonnant aujourd’hui de voir des femmes fouler les terrains de football américain.

Si la danse, la gymnastique et l’équitation constituent toujours les trois sports les plus pratiqués par les femmes, aujourd’hui ces dernières n’hésitent plus à varier leurs pratiques sportives et s’adonnent à des sports qui aux premiers abords paraissent plutôt masculins. En 2014, la fédération française de football comptait 77.020 adhérentes, soit 19% de plus qu’en 2013. Le rugby féminin n’est lui non plus pas en reste, les clubs français ont vu passer leur nombre de licenciées de 4.000 en 2004 à 13.000 en 2014.

Des hausses notables qui n’étonnent pas Claire Delgéry, ancienne joueuse du Lille Métropole Rugby Club : « Il y a une médiatisation des compétitions féminines qui donnent aujourd’hui envie à d’autres femmes d’essayer de nouveaux sports. Par exemple, l’équipe de France de rugby a fait une superbe Coupe du monde l’été dernier à Marcoussis, avec les matchs diffusés à la télévision, cela a forcément fait naître des vocations chez certaines. »

Mais si ces sports semblent s’ouvrir peu à peu, Claire Delgéry a toujours conscience qu’il y a un manque de considération réel quant à cette féminisation : « C’est vrai qu’on dit rugbyman et non rugbywoman, quoique le terme est de plus en plus utilisé. C’est un sport qui est très dévalorisé pour les femmes parce que dans la société on dit beaucoup que nous n’avons pas besoin de faire un sport aussi violent avec autant de contacts. »

Des sports riches en valeurs humaines

Mais ces coups sont loin de refroidir la joueuse qui a pratiqué le rugby pendant dix ans au haut niveau : « Je suis déjà revenue avec pas mal de coups et de blessures, des côtes fêlées, le péroné cassé, des hématomes au foie… C’est sûr qu’il s’agit d’un sport très physique mais le rugby véhicule de nombreuses valeurs humaines et demande surtout beaucoup d’abnégation. Ceux qui ont envie d’y jouer doivent le faire qu’ils soient hommes ou femmes. »

Et ce sont ces mêmes valeurs que recherchaient Anaïs en commençant à jouer au football américain il y a maintenant six mois : « J’adore les sports de contact et quoi de mieux que le foot US… Il y a vraiment un bon esprit d’équipe, le plus dur pour moi a été d’apprendre les règles mais au bout d’un certain temps on s’y fait. C’est vraiment un sport fait pour les filles et un super défouloir. » Un fait est toutefois avéré : hommes et femmes n’ont pas les mêmes capacités biologiques et physiques pour être égaux dans toutes les pratiques sportives. Mais aujourd’hui, les femmes ne bottent plus en touche lorsqu’il s’agit d’enfiler les crampons et de tester des sports qui étaient encore il y a peu destinés uniquement aux hommes.

Stéphanie SCARNA (photo Paola DILLIES)