Vimy, le souvenir de la Grande Guerre

A l’heure où la France se souvient de ses morts à l’occasion du centenaire de la Grande Guerre, le parc commémoratif canadien de la bataille de Vimy fait figure d’exemple dans le Pas-de-Calais.

    Le mémorial de Vimy. Ici une allégorie du Canada, une femme pleurant ses enfants.

Le mémorial de Vimy. Ici une allégorie du Canada, une femme pleurant ses enfants.

« Ce terrain a été concédé gratuitement et à perpétuité par la Nation Française au Peuple Canadien », peut-on lire sur une plaque de marbre à l’entrée des tranchées reconstituées. En 1922, une zone de quelques centaines d’hectares située entre Givenchy-en-Gohelle, Neuville-Saint-Vaast et Vimy, des communes du Pas-de-Calais près de Lens, perd sa nationalité française. Presque 100 ans plus tard, le territoire est toujours administré par le ministère canadien des Anciens Combattants.

Perdue dans la forêt vallonnée et parsemée de trous d’obus et de mines, la zone de combat, avec tranchées, boyaux et tunnels. Un peu plus loin de l’autre côté de la route, le cimetière canadien, où repose une partie des 11.300 soldats tombés pendant la Grande Guerre. Et enfin, perché en haut de la crête de Vimy qui surplombe la plaine de Lens, le mémorial, gigantesque monument de pierres blanches haut de 40 mètres érigé entre 1925 et 1936 honorant les soldats canadiens morts en France. Deux pilonnes, l’un représentant le Canada, l’autre la France. La feuille d’érable et la fleur de lys en guise de symbole et d’union.

Une victoire éclatante

Dès 1914, les Allemands s’emparent de Vimy et ses alentours (Lens, Arras, Liévin), et stabilisent leurs positions. Ce n’est qu’à partir de 1917 que commence la reconquête de ces territoires, en majeure partie opérée par les 66.000 Canadiens du corps expéditionnaire. Du 9 au 14 avril a lieu la bataille de la crête de Vimy. Jusqu’alors jugée imprenable par les Français et les alliés, celle-ci passe aux mains des Canadiens à l’issue d’un combat acharné où périssent 25.000 hommes des deux côtés en seulement cinq jours. La victoire est éclatante, en raison de la rapidité des manœuvres et de la puissance de feu du Canada.

Logique, donc, que le pays ait son propre lieu de commémoration. Un musée ouvrira d’ailleurs bientôt ses portes courant 2016, en lieu et place du centre d’accueil faisant office de micro-musée et de centre d’informations. Evidemment géré par des Canadiens.

Louis CAILLIER