Il faut guérir nounours !

Du 16 au 27 mars 2015, la faculté de médecine de l’Université Catholique de Lille organise un événement original et réservé aux enfants : l’Hôpital des Nounours.

 Léonie endort son doudou Minnie afin de pouvoir l’opérer et enlever son bobo au ventre.

Léonie endort son doudou Minnie afin de pouvoir l’opérer et enlever son bobo au ventre.

Il est 16 heures. A la fac de médecine, des enfants âgés de 3 à 6 ans entrent dans le bâtiment principal. Non, ils ne sont pas surdoués : ils viennent pour soigner leurs nounours ! Depuis neuf ans, l’Hôpital des Nounours s’installe au deuxième étage du bâtiment. Tout est mis en place comme dans un réel hôpital: la salle d’attente, l’infirmerie, la pharmacie, le dentiste, la maternité, la radiologie, le kinésithérapeute, la nutrition et le bloc opératoire.

Elilou a 4 ans et demi. Son doudou, Henri, est atteint de la varicelle. Alors elle est venue avec sa petite sœur et sa maman pour soigner sa peluche. Mais il n’y a pas qu’elle : Marcus, Agathe, Ambre, Léonie, Effie sont tous venus avec le même objectif : guérir leurs nounours. Certains ont des jambes cassées, des bras fracturés ou encore des bobos au ventre.

Et pour soigner ce petit monde, des étudiants en médecine prennent sur leur temps pour rassurer les enfants. Pour Sandra Resplendino, « l’objectif de cet hôpital est pédagogique au niveau de la nutrition, de l’hygiène comme le lavage des mains mais aussi l’atténuation de l’effet blouse blanche. » Cette étudiante en médecine, également une des responsables du projet, raconte que « les infirmières avec les piqûres sont celles qui effraient le plus les enfants. » Alors l’idée de prendre son nounours est sans doute la meilleure pour apaiser les peurs : « On leur explique concrètement ce que l’on fait dans nos gestes, notamment au bloc opératoire. On leur dit pourquoi on s’habille de telle manière, pourquoi on les endort. Le fait de faire ça sur les nounours permet aux enfants d’assister à ce qu’on pourrait leur faire en vrai et surtout de montrer que cela ne fait pas mal. »

Un concept qui séduit de plus en plus

Cette année, l’hôpital des nounours dure deux semaines, bien plus que l’année dernière, avec près de 400 enfants inscrits. Pour les étudiants volontaires, cette option leur permet de travailler avec les enfants et d’adapter le vocabulaire médical à la compréhension des plus petits. Le projet, qui existe depuis treize ans en France, s’inscrit dans un projet de santé national coordonné par l’Association Nationale des Etudiants en Médecine de France. Le domaine médical fait peur et c’est pour cela que l’association s’est lancée dans ce projet afin de dédramatiser et sensibiliser. Espérons que les nounours se rétablissent bien !

Charlotte BENOIST