« Invasions » de la Maison de la Photographie

Charles Pétillon présentait son exposition « Invasions », à la Maison de la Photographie de Lille. L’occasion pour le photographe dévoiler pour la première fois au public un travail entamé en 2007.

 Charles Pétillon présentait ses « Invasions » à la Maison de la Photographie de Lille.

Charles Pétillon présentait ses « Invasions » à la Maison de la Photographie de Lille.

Voici huit ans que le projet a germé dans l’esprit de Charles Pétillon. Le photographe présentait, en ce mois de mars, les fruits d’un long travail à travers une exposition de 23 clichés à la Maison de la Photographie de Lille. Sa série de photos, intitulée « Invasions », met en avant un débordement de ballons blancs dans différents espaces naturels. « Je suis un photographe de nature morte. Les ballons sont un prétexte pour s’approprier un espace déserté par les individus. Ce sont des métaphores, afin de changer notre point de vue sur des paysages, des objets que nous côtoyons chaque jour, sans y porter attention », témoigne le photographe.

Un travail de longue haleine

Pour réaliser tous ses clichés – 25 au total -, Charles Pétillon s’est rendu dans différents villages du Nord-Pas-de-Calais, mais aussi à l’autre bout de la planète, dans le désert bolivien, « pour y retrouver un espace abstrait, symbole de l’infini ». Accompagné par toute une équipe, il s’investit dans ce projet à long terme depuis 2007, date à laquelle il a réalisé ses premiers essais. Charles Pétillon a ensuite dû se confronter aux problèmes financiers : « J’ai pris ma première photo en 2009 et j’en fais quatre ou cinq par an. Je finance tout donc cela coûte cher. Une photo peut se chiffrer, à elle seule, à 3000 euros. » La réalisation est également délicate. « Le temps de construction et de réalisation est très long, il faut parfois 35 heures pour gonfler tous les ballons nécessaires. »

La reconnaissance

Une fois son travail terminé, le choix de la Maison de la Photographie de Lille comme lieu d’exposition fut évident pour l’artiste. « Je suis de la région et c’est un endroit emblématique, un espace vaste qui correspondait à mes clichés. » Les photos y sont accompagnées d’un petit film documentaire, afin de montrer l’envers du décor et expliquer les phases de la fabrication des photographies. Présentée pour la toute première fois au public, l’exposition est un véritable succès.

« C’est bien au-delà de mes espérances ! », se réjouit le photographe. « J’ai même eu une publication dans le New York Times ou d’autres très grands journaux. Ce travail, c’est mon oxygène, je suis donc ravi d’un tel engouement ». Un engouement qui le poussera à reconduire sa galerie en août prochain, dans un lieu qui n’est pas encore connu.

Gwendal LE PRIELLEC