Comment se soigner lorsqu’on est Rom en France ?

Une fillette Rom de 3 mois a trouvé la mort en janvier à la Gare Lille Flandres. Cet événement soulève de nouveau la question des soins au sein de la communauté Rom.

 Les habitants du camp sont souvent victimes d’inondations, ce qui entraîne des problèmes d’hygiène.

Les habitants du camp sont souvent victimes d’inondations, ce qui entraîne des problèmes d’hygiène.

Il y a trois mois, un bébé Rom de 3 mois décédait à la Gare Lille Flandres. Les pompiers et le SAMU sont intervenus mais n’ont pu sauver la fillette. La cause de la mort subite du nourrisson a été évoquée, mais on sait que ces gens vivaient dans la rue, dans le froid. La question de l’accès aux soins se pose donc.

Leurs conditions de vie sont extrêmement précaires en plus d’avoir l’esprit constamment perturbé par le risque d’expulsion.Un camp Rom à Tourcoing a connu récemment cette menace, celle-ci a été renvoyée au 14 avril. Depuis environ trois ans, le camp occupe la rue Chateaubriand à Tourcoing.

Christine Mathieu, présidente du Collectif Rom de Tourcoing, connaît bien les habitants de ce camp et se bat pour qu’ils aient des conditions de vie décentes : « Lorsque l’on a un maire qui dit être contre les Roms, que faire ? », interroge-t-elle, dépitée par la situation

Autre problème, les Roms ne peuvent souscrire à la CMU (Couverture Médicale Universelle), car ils ne possèdent ni carte d’identité, ni passeport, ni titre de séjour. Les quelques soins dont ils peuvent bénéficier leur sont donc accessibles grâce à l’AME (Aide Médicale d’Etat). La présidente précise : « La plupart ont accès à l’AME, ils peuvent aller voir le médecin, aller aux urgences et peuvent se faire soigner normalement. On n’a pas trop de soucis pour l’avoir ». Pour faire une demande d’AME, il faut remplir un formulaire et fournir des justificatifs. Il est disponible sur internet sur le site du service public. L’association se charge d’aider les Roms qui le désirent à remplir les papiers. Ensuite, la caisse d’assurance maladie donne une carte d’admission à l’AME. Celle-ci est renouvelable.

Des antibiotiques… seulement

Christine Mathieu précise tout de même que cela ne suffit pas, car certains ont besoin de plus d’attention médicale. C’est le cas des enfants : « Il y a quand même des conditions qui nécessitent de voir des spécialistes, notamment pour des enfants qui souffrent de bronchiolites, qui ont toussé tout l’hiver. Les médecins ne peuvent pas tout résoudre avec des antibiotiques et des médicaments ». Une situation qui rappelle le sort de la fillette décédée en janvier à Lille. Cette dernière souffrait d’une difficulté respiratoire, un cas fréquent pour les enfants qui sont contraints de dormir dans la rue.

De plus, les conditions de vie dans les camps sont difficiles à imaginer : absence d’eau courante et d’électricité, inondations, sanitaire non adaptés. Une situation qui provoque un manque d’hygiène et la propagation de maladies…On constate quelques améliorations grâce au travail des associations. Dans le camp de Châteaubriand, le père de Vandam, un petit garçon âgé de 11 ans, a pu être hospitalisé et soigner son genou blessé. Le travail reste tout de même conséquent, plus de 2.000 Roms vivent autour de la ville.

Yousra HALLAK

Pour retrouver le reportage vidéo concernant le camp de Châteaubriand : https://www.youtube.com/watch?v=Zf1CBJFX9mE