La trouée d’Arenberg ou l’enfer de Paris-Roubaix

La 113e édition de Paris-Roubaix se tenait ce dimanche 12 avril. L’enfer du Nord, qui relie Compiègne à Roubaix, devait comme chaque année emprunter les difficiles pavés de la trouée d’Arenberg. Un lieu redouté par les coureurs, mais prisé par les spectateurs.

 Trouée d'Arenberg - Tandis que le peloton roule à vive allure, Jérôme Pineau, victime d'une crevaison, est obligé de poser pied à terre.

Tandis que le peloton roule à vive allure, Jérôme Pineau, victime d’une crevaison, est obligé de poser pied à terre.

Mythique et redoutée, la trouée d’Arenberg est un lieu incontournable de Paris-Roubaix. Le secteur pavé numéro 18 est en effet un des points stratégiques de la course qu’on appelle l’Enfer du Nord. Par sa longueur tout d’abord, 2,4 kilomètres, le tout en ligne droite au milieu de la forêt. Par la dureté de ses pavés ensuite, qui sont disjoints et tout sauf alignés. Un niveau de difficulté qui en fait le secteur le plus difficile de la course.

Situé à la sortie du village d’Arenberg – là même ou a été tourné le film Germinal – la Trouée se situe à moins de 100 kilomètres de l’arrivée finale, au vélodrome de Roubaix. C’est ainsi le premier haut lieu d’affrontement entre les favoris à la victoire. Un affrontement que beaucoup redoutent, tant franchir les pavés lancés à plus de 40 km/h est difficile. Ennemi numéro un : la crevaison. Un Paris-Roubaix ne se gagne pas à Arenberg. Il peut en revanche s’y perdre.

Un lieu incontournable pour le public

La trouée d’Arenberg reste chaque année l’une des images fortes de Paris-Roubaix. Le public ne s’y trompe pas et vient chaque année en nombre, « pour acclamer les coureurs mais aussi saluer leur courage », témoigne Gérard, cycliste amateur présent ce dimanche à Arenberg. Des milliers de personnes sont ainsi au rendez-vous du fameux secteur pavé. Drapeaux, maillots, cors et klaxons sont également de la partie, afin que l’ambiance soit au maximum.

La foule, multicolore et cosmopolite, se dresse ainsi sur les bords de route. « Je viens d’Angleterre depuis 15 ans, je ne raterais Paris-Roubaix pour rien au monde », scande Mark, venu spécialement de Londres pour la course. Et c’est au son des « Vamos » ou autres « Come on » que les courageux cyclistes sont acclamés le long des deux kilomètres de souffrance. Visages poussiéreux, marqués par la fatigue et la douleur, ils bravent tour à tour la trouée au cœur du public en délire. Peu de coureurs la franchiront sans encombre. Beaucoup y perdront des roues, de l’énergie, et tout espoir de victoire, à l’image d’un Sylvain Chavanel ou d’un Jérôme Pineau, qui y auront crevé ce dimanche. Mais tous n’ont qu’un objectif en tête : terminer la course. Ce qui est déjà une victoire.

Gwendal LE PRIELLEC et Hugo SIMARD