Ce volume réunit une sélection d’articles faisant suite aux communications présentées au colloque "Entre sens et signification" organisé les 1er et 2 juin 2006 à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université Catholique de Lille. Outre de France, ce colloque international a rassemblé des chercheurs venant d’Allemagne, de Belgique, d’Espagne, de Pologne, de Serbie, de Suisse.
Le but général du colloque était d’étudier l’articulation entre deux disciplines que l’on distingue traditionnellement : la sémantique et la pragmatique. Il ne s’agissait pas d’évaluer la pertinence de la pragmatique dans l’étude du sens mais l’apport de la pragmatique à l’étude sémantique. La pragmatique a apporté des progrès indéniables à l’étude du sens mais elle a aussi créé de nouvelles difficultés. Le consensus qui semblait régner naguère sur la manière d’appréhender l’objet de ces deux disciplines — la sémantique s’occupe du sens hors contexte (appelé traditionnellement "signification"), la pragmatique du sens "filtré" par le contexte — est de moins en moins observé et le rapport entre ces deux objets est aujourd’hui sujet à d’âpres discussions. Nous avons voulu tirer les premiers bilans de ces confrontations et présenter, à travers des travaux exposant parfois des méthodologies et des choix théoriques différents, un champ disciplinaire — la sémantique — en pleine évolution.
Les textes ont été recueillis par Dominique Verbeken qui enseigne la linguistique à l’Université Catholique de Lille depuis plus de dix ans. Ses travaux de recherche portent particulièrement sur l’étude des temps verbaux.
VERBEKEN, Dominique. - Entre sens et signification, Constitution du sens, points de vue sur l’articulation sémantique-pragmatique - Sociolinguistique, L'Harmattan - 2009 - ISBN : 978-2-296-09327-0
"Montaigne est un sceptique qui soutient ne rien savoir", voilà ce qu'on tire ordinairement de l'énorme Apologie de Raymond Sebond qui est au centre du livre II des Essais, affirmation péremptoire qu'on illustre en citant la fameuse formule fichée au cœur de cet essai comme l'aiguille d'une balance : "Que sais-je ?"
Il est pourtant bien maladroit de réduire ce livre II à son chapitre XII, encore plus malheureux de croire exprimer la pensée si riche de Montaigne par une formule, dont d'ailleurs le sens est nettement équivoque. C'est, hélas, ainsi que fonctionnent trop d'analyses, par réductions successives, alors que les Essais sont une de ces œuvres vivantes, organiques qu'on ne saurait traiter comme un bouillon, mais dont il convient d'abord de reconnaître l'organisation vivante.
Si on accepte donc l'idée que le livre II des Essais est, comme le livre I, une machine habilement composée pour s'animer sous nos yeux, on peut espérer découvrir ce que Montaigne a voulu faire : offrir une arme "contre les athéistes" et montrer ce qu'elle vaut en combattant lui-même avec elle les présomptueux, les faussaires et les menteurs, toutes gens qu'il abhorre. On s'aperçoit encore que la lutte entreprise n'exprime pas seulement un engagement occasionnel, mais la continuation du vieux combat de la Sagesse pour que chacun sache prendre le pouvoir sur soi-même et préserver une liberté salutaire, aussi bien contre les hommes et leurs lois de circonstances que contre ses propres folies intestines. C'est à découvrir cela, et quelques autres épices qui assaisonnent ce plat "de haute graisse", que notre commentaire invite. BOUVIER, Michel. – Montaigne rendu aux siens. Tome 2, Le grand coucher de l’universelle vanité. Commentaire suivi du livre II des Essais. – Paris : F.-X. de Guibert, 2008-05-05 ISBN : 978-2-7554-0250-6
Un événement dans l’édition : J’ai vaincu la mort suivi des Essais de Montaigne, Montaigne rendu aux siens de Michel BOUVIER Professeur de littérature française à l’Université Catholique de Lille - Lauréat de l’Académie française pour La morale classique (éd. Champion, 1999)
Au moyen d’une lecture attentive de Montaigne, qui se fonde sur une explication du texte par lui-même, il s’agit de rendre Montaigne à ceux pour qui il a écrit, c’est-à-dire tous ceux qu’il invite à devenir ses amis et familiers en le découvrant et en l’acceptant tel qu’il fut. Occasion de redécouvrir un des esprits les plus originaux et les plus profonds de notre littérature française, un humaniste sincère et bon qui détestait par-dessus tout le mensonge et la cruauté, un maître à vivre qui est aussi un maître à penser, un philosophe qui surprend les philosophes parce qu’il est d’abord poète au sens où l’entendait Aristote : celui qui dit le possible, et pour ce faire use de la langue qu’il aime comme d’une baguette de sourcier afin de faire jaillir les sources qui dorment au cœur de tout homme de bonne volonté.
Titre du tome deux : Le grand coucher de l’universelle vanité - Titre du tome trois : Vivre à propos. Ces deux tomes à paraître en 2008, même éditeur.
BOUVIER, Michel. Montaigne rendu aux siens : Tome 1, J'ai vaincu la mort. François-Xavier de Guibert, 2007 (SPIRITUALITES) – ISBN : 978-2-7554-0234-6
"L’étude approfondie de Valérie CATELAIN éclaire sous un jour original l’œuvre essentielle d’un écrivain capable de situer sur un même parcours de sens la passion allant jusqu’au crime, le désespoir de la vie terne et l’espérance d’un salut possible. Ses analyses qui mettent en évidence le pitoyable et l’impitoyable de l’homme qui ont sollicité Green jusqu’à l’obsession progressent à la façon du voyageur décrit et décrypté par l’écrivain de sorte que l’auteur et son exégète convergent dans une contemplation réciproque qu’il appartient au lecteur de percevoir et qui définit pour lui un autre voyage. Cet ouvrage en est l’indispensable viatique" JULIEN GREEN ET LA VOIE INITIATIQUE de Valérie CATELAIN, Académie royale de Langue et de Littérature française de Belgique, Le Cri, novembre 2005. Aviant – dire de Georges THINES, membre de l’Académie Royale de langue et de littérature française de Belgique.
CATELAIN, Valérie. – Julien Green et la voie initiatique. - Académie royale de Langue et de Littérature française de Belgique, Le Cri, 2005 – ISBN : 978-2-8710-6388-9
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