27/03 -- Quand le marché prend l’accent de la solidarité

Née le 19 décembre 2010, la Tente des Glaneurs est installée dans une petite rue en plein quartier Wazemmes. Chaque dimanche, l'association plante sa tente pour redistribuer les invendus du marché à des familles dans le besoin. Le fondateur de la Tente est Jean-Loup Lemaire, un personnage à la bonne humeur communicative.

Les Glaneurs solidaires portent la tenue Ă  l'effigie de l'association.

Dimanche, début d’après-midi, sous un soleil estival, le rendez-vous est pris. Une soixantaine de familles patientent, dans une file d'attente conviviale et disciplinée, leurs sacs recyclables à la main. Contrairement aux autres associations, les Glaneurs solidaires accueillent tout le monde sans conditions de ressources. Fruits, légumes, pains et fleurs attendent, dans des cageots, d’être partagés équitablement entre les bénéficiaires.

« Donner, c'est mieux que jeter »

Jean-Loup Lemaire, le fondateur de la maison-mère à Lille, confie : « On fonctionne en réseaux. Les gens qui arrivent ici sont souvent juste au-dessus des barèmes pour bénéficier des Restos du Coeur donc, nous, on peut les aider. » Ce touche-à-tout est aussi bénévole depuis dix ans dans l'association de Coluche et il connaît tout le monde dans le quartier « On essaye de redonner de la dignité à ces personnes, on récolte pour eux sans qu'ils soient obligés de le faire. » L'idée de ce quinquagénaire à l’allure sportive était de créer du lien social mais aussi de développer un axe économique de développement durable : « On récolte un futur déchet qui devient une source alimentaire solidaire. »

Des bénéficiaires reconnaissants

Sous la Tente, l'ambiance est bonne, tout le monde se connaît et s'appelle par son prénom. Des mères célibataires croisent des personnes en fin de droits, des SDF, des étudiants ou encore des Roms. Sylvie, 44 ans, vient de Roubaix chaque dimanche depuis un an et demi, souriante et contente de retrouver ses copines, elle discute avec Yveline, une autre bénéficiaire. « J'ai perdu mon emploi et mon mari a un petit salaire, alors j'ai du mal à acheter des fruits et légumes pour quatre personnes. Tout le monde est sympa ici et ça évite le gaspillage. » Pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer ou qui ont trop honte de venir à la Tente, les bénévoles préparent des cabas et leur apportent. Le plus important c'est de repartir avec des produits frais pour la semaine et un sourire.

« Du bénévolat heureux »

Un concept innovant. Des bénévoles viennent prêter main forte sous la Tente. Eux-mêmes sont étudiants, SDF, bénéficiaires ou encore employés. Sur la page Facebook de l'association, les Glaneurs solidaires s'inscrivent et remplissent le calendrier en fonction de leurs disponibilités. L'esprit est carré mais convivial. Une équipe installe la tente, une fait le glanage auprès des commerçants solidaires, une autre trie et une dernière accueille. Stéphanie, 27 ans, était bénéficiaire auparavant. Maintenant elle vient en tant que Glaneuse : « J'essaye de rendre ce qu'on m'a donné quand j'ai eu besoin d'un coup de pouce. » Plus qu'un simple don, les bénévoles jouent le rôle de tisseurs de liens. Quand l’équipe des Glaneurs détecte des problèmes, ils peuvent orienter vers d'autres associations.

Cette belle initiative a fait des petits, des antennes sont en train de se créer à Caen et à Lyon. Les nouvelles Tentes devront signer la charte et respecter l'éthique de l'association qui est devenue une marque déposée à but non lucratif.

Amandine LUONG
(Texte & Photo)

La Tente des Glaneurs en chiffres :

• 5 à 15 euros d'économie par cabas.

• Les commerçants solidaires : 12 maraîchers, 5 boulangers et 3 fleuristes.

• 28 tonnes de denrées alimentaires redistribuées depuis la création en 2010.

• 5 fruits et légumes par jour, c'est la volonté des Glaneurs d'apporter un équilibre alimentaire.

 


27/03 -- Cap sur la 44e édition de la Course Croisière EDHEC !

La Course Croisière EDHEC est de retour à la Rochelle. Du 13 au 21 avril, près de 3.000 participants venus du monde entier s’affronteront pendant huit jours. Entre compétition sportive et convivialité, une semaine riche en perspective.

Plus d’informations sur www.ccedhec.com

3.000 participants, 22 nationalités, 150 équipes terre, 56 équipes sable et 166 bateaux. L’édition 2012 de la Course Croisière EDHEC promet une nouvelle fois d’être chargée en souvenirs. Soutenue cette année par François Gabart, skipper de renom, la course viendra animer le Port des Minimes à La Rochelle, dès le 13 avril.

Créée en 1969 par trois étudiants passionnés de voile, la course, d’abord itinérante, s’est sédentarisée en 1980. C’est donc depuis plus de 30 ans, que les jeunes de l’EDHEC organisent la totalité de l’événement. « Un projet pédagogique innovant qui s’attache à former des jeunes talents opérationnels immédiatement », confirme Anne Zuccarelli, directrice des programmes académique de l’EDHEC, sur le site de la Course Croisière EDHEC.

La plus grande course étudiante d’Europe

Ainsi, chaque année, le village de la course vient s’installer dans un port de France. De plus de 12.000 m², la structure permet d’accueillir les milliers de visiteurs, de jour comme de nuit. Détente et diverses animations sont offertes par l’organisation et ses partenaires.

Une course divisée en trois compétitions sportives. Historiquement, c’est le Trophée Mer qui était au centre de la course. Cette année, 166 bateaux vont se lancer avec des équipages venant des cinq continents. Puis le Trophée Terre, qui rassemble plus de 150 équipes autour d’un raid multisports. Et enfin, le Trophée Sable, un ensemble de tournois sportifs sur sable, avec beach soccer, sand ball, etc., qui fête ses cinq ans cette année.

Le Trophée Kite voit le jour pour cette édition 2012. Il aura lieu les 14 et 15 avril, des équipes de 3 à 5 personnes vont s’affronter sur des épreuves de Race et de Freestyle, dans les meilleurs spots de l’île d’Oléron. Du 13 au 21 avril, ne manquez pas la Course Croisière EDHEC, la plus grande course étudiante d’Europe.

Elise LECLERCQ

Plus d’informations sur www.ccedhec.com


26/03 -- La grande famille des Restos du Cœur

Depuis plus de vingt ans, le centre armentiérois des Restos du Cœur vient en aide aux personnes en difficulté financière, en leur fournissant nourriture et vêtements notamment. Ils sont chaque année plus nombreux à venir frapper à la porte de l’association. De novembre à mars, l’équipe de bénévoles présidée par Annie Kerrinckx les accueille chaleureusement.

Une équipe soudée pour accueillir les 483 bénéficiaires

A une demi-heure du début de la distribution alimentaire, environ dix personnes attendent déjà dans la cour attenante aux locaux des Restos. Tout le monde semble se connaître. Les jeunes mamans se saluent. On se fait la bise, on prend des nouvelles des enfants, des maris, etc. Et ce jour-là, ce sont les vacances scolaires, alors les petits accompagnent leur maman. Même ces chérubins ont l’air de se retrouver. Très vite leurs cris et leurs rires ne tardent pas à retentir au sein de la petite cour.

Au fur et à mesure que l’heure de la distribution approche, la file d’attente s’allonge. Et il en sera ainsi toute l’après-midi. Le groupe paraît même parfois de plus en plus dense. Pour cause, « tous les ans le centre accueille de plus en plus de monde », confie Annie Kerrinckx, responsable du centre de distribution. Cette année, 483 personnes sont inscrites. Beaucoup de familles, quelques personnes seules, mais aussi « de plus en plus de jeunes », regrette notre hôte. « Nous avons dû réaménager les horaires, soit ouvrir une demi-heure plus tôt, et fermer une demi-heure plus tard. » La distribution a maintenant lieu de 13h30 à 16h30.

Annie explique d’ailleurs que dans cette plage horaire, différents créneaux sont attribués aux bénéficiaires. Le but est de faciliter le déroulement de la distribution, et surtout éviter une attente trop longue. Malgré cette organisation, certains sont là dès 11h, pour être sûr d’être parmi les premiers.  C’est le cas de cet homme d’une cinquantaine d’années, patientant depuis plus de deux heures, assis sur un banc, cabas à la main. Mais ce n’est pas le seul, et « cela même pendant les périodes de grand froid », déplore Annie. Et pour elle, comme pour tous les bénévoles, c’est parfois une source d’inquiétude. « En regardant la météo la veille du jour de distribution, j’espère qu’ils n’auront pas trop froid, ou qu’il ne pleuvra pas. »

Premier arrivé, premier servi ? Pas tout à fait. Le système marche en fonction de « points ». Chacun dispose d’un nombre défini, selon la taille du foyer notamment. Une personne seule équivaut à huit points. Deux personnes obtiennent six points chacune. Ainsi de suite.

Une ambiance conviviale

13h30. Top départ de la distribution des produits d’alimentation et d’hygiène. Tout est parfaitement organisé. Chaque bénévole possède un rôle précis. Bernard s’occupe des légumes, Véronique des produits d’hygiène, Jean-Pierre du recyclage des cartons, et Evelyne, alias Miss Cocorette, se charge des œufs. Cette jeune grand-mère a d’ailleurs ramené sa petite fille, qui s’active autant que les adultes à s’occuper de la distribution et du déballage des denrées. « T’es courageuse ! », lui lance une des bénéficiaires.

Fidèles au poste chaque semaine, ils sont tous des maillons indispensables pour faire tourner l’association. Pour exemple, aujourd’hui, une des bénévoles est souffrante, son mari la remplace  au pied levé. Ils forment une équipe chaleureuse et conviviale, qui tente d’accueillir les bénéficiaires de la meilleure façon qu’il soit. Et effectivement, l’après-midi se passe dans des conditions plutôt bonnes.

« Bonjour tout le monde ! », s’exclame Michèle en entrant dans la pièce. « Voilà la ″vedette″ du centre », confie Annie. La jeune femme, féminine, est très appréciée au sein de l’association. Dès son arrivée, sa bonne humeur est communicative. Quelques plaisanteries fusent, tout le monde rit de bon cœur. « Il faut bien rigoler, la vie est trop morose », déclare Michèle.

Une entraide naturelle

14h, la livraison des produits surgelés est faite. Spontanément, une chaîne se forme pour acheminer les colis jusqu’aux congélateurs. Tout le monde s’y met, bénévoles comme bénéficiaires. Une sorte de chaîne de partage, symbolisant parfaitement l’esprit d’entraide et de solidarité qui règne dans ce centre, se crée. Christophe, dit Totof, bénéficie de l’aide des Restos pour la cinquième année, depuis la perte son travail. Il vient aider à décharger le camion tous les mardis. « C’est comme une contrepartie pour leur bon accueil », assure-t-il.

Pour tous les bénévoles il s’agit d’un véritable don de soi. Aider les autres est, pour eux, quelque chose de naturel. Pour Annie, c’est un réel plaisir d’être volontaire au sein de l’association depuis six ans. « Le jour où cela deviendra une corvée, je m’arrêterai.» Mais pour l’instant cette femme très active, qui a pris les rennes de l’association depuis un an, ne compte pas s’arrêter là : « Cela me révolte la misère, je ne comprends pas comment des gens peuvent ne pas la voir, ou faire semblant de ne pas la voir. J’ai toujours été sensible à cela, et être bénévole aux Restos du Cœur m’apporte beaucoup ».

Une « famille » se crée

De la pièce voisine émane une douce odeur de café, et un léger brouhaha de discussions. Après réception des produits de base, et une visite du côté des vêtements, les bénéficiaires peuvent s’installer dans la cafeteria aménagée pour l’occasion. Quelques-uns préfèrent rester discrets, par pudeur ou par gêne, et s’éclipsent rapidement. Mais la plupart, et surtout les personnes présentes depuis quelques mois ou quelques années, apprécient ce petit moment de convivialité.

Autour d’un café, d’un jus de fruit ou d’une soupe, les bénéficiaires partagent entre eux, autant qu’avec l’équipe de bénévoles. Le centre est devenu comme une petite famille, et ce n’est pas Marie qui le contredira. Pour cette jeune femme, venant aux Restos du Cœur depuis six ans, le soutien matériel et moral de l’équipe est très important : « Ici c’est comme une famille. » « Tout le monde est très sympa », renchérit Totof.

Une solidarité qui dépasse le cadre du centre

Le centre des Restos du Cœur est considéré comme un « bon centre ». Parce que malgré les soucis qui minent les bénéficiaires, l’inquiétude qui habite parfois les bénévoles, l’ambiance reste conviviale et agréable pour tous. Peu d’accrochages lors des journées de distributions, chacun vient ici pour trouver un peu d’aide, d’écoute ou de réconfort. Une réussite du concept même des Restos du Cœur, qui en appellent à la générosité et à la solidarité. Pari réussi dans le centre d’Armentières, qui en plus de l’aide nationale, bénéficie de la solidarité de la ville, des associations locales, et des habitants des alentours. « Avec le bouche à oreille, les gens savent que je suis bénévole aux Restos, et il est déjà arrivé que je trouve, posés devant chez moi, trois ou quatre sacs remplis de vêtements », se réjouit Annie.

Après une après-midi passée au sein du centre, auprès des bénévoles et bénéficiaires, on en ressort avec le sentiment que la joie peut se retrouver en peu de choses. Un sourire, une discussion. Une main tendue, en l’occurrence celle des Restos du Cœur pour ces centaines de personnes. Et comme le résume si bien Annie Kerrinckx : « Parfois, on court après le bonheur, mais après tout, disposer d’un toit, du chauffage, et de quoi se nourrir, c’est surtout ça le bonheur ! »

Elise LECLERCQ
(Texte & Photo)


26/03 -- Promenons-nous dans les bois

Le renouvellement du Plan d’Occupation des Sols (POS) du site des Cinq Tailles de Thumeries a conduit à la création de l’association Nature et Vie. Chaque mois depuis 1992, ses 30 membres, tous bénévoles, organisent des sorties nature. Au programme, découverte de la faune et de la flore régionales. Entre discussions, convivialité et émerveillement, tout est réuni pour passer une agréable matinée.

 Rien de mieux que l’utilisation de lunettes ornithologiques pour observer de près les oiseaux dans leur environnement.

Une trentaine de personnes sont réunies sur un parking avec le visage légèrement tiré. Baskets aux pieds et jumelles à la main, tout le monde se salue. Devant le groupe, après un petit pont de bois, s’ouvre la forêt de Thumeries. Seul le bruit de la nature qui s’éveille se fait entendre. Nous sommes dimanche matin, il est 9h et la sortie nature peut commencer.

Jean-Michel et Serge sont les deux membres de Nature et Vie venus faire partager leur passion. « Nous sommes bénévoles dans l’association depuis au moins 20 ans. Presque depuis ses débuts. Pour nous, la nature est une passion et nous voulons la faire partager », confient les deux hommes. En plus de partager le goût pour la nature, les sorties sont là pour sensibiliser les participants sur le respect de l’environnement. Protéger la nature doit devenir un enjeu de tous les jours.

247 espèces d’oiseaux

Créée en 1988 suite à une révision du POS de Thumeries, Nature et Vie voit le jour grâce à la richesse de la faune et de la flore sur le site des Cinq Tailles. La diversité ornithologique est remarquable. Jean-Michel explique : « Sur le site, nous pouvons observer 247 espèces d’oiseaux. Mais les Cinq Tailles sont surtout réputées pour les grèbes à cou noir. » Une sorte de canard diraient les non-initiés.

Les deux baroudeurs sont facilement reconnaissables. Equipés de la tête aux pieds avec baskets, sac à dos, jumelles, lunette ornithologique, trépied. Et surtout la « fameuse bible de tout bon ornithologue » que Jean-Michel tire de son sac avec un regard malicieux. Un petit abécédaire où sont répertoriées toutes les espèces d’oiseaux. « Mais pour les participants, aucun matériel particulier n’est nécessaire », ajoute le baroudeur. Juste une bonne paire de chaussures de marche suffira, parole d’initié.

Une faune très variée

Avec le printemps, les oiseaux migrateurs sont à l’honneur. Et pour mieux les observer, les bénévoles nous emmènent dans les quatre observatoires disséminés sur le site des Cinq Tailles. La petite troupe s’enfonce dans les 70 hectares de forêt, guidée par le doux chant des oiseaux.  Un sentier de 4 km est aménagé pour la visite.

Le pas est léger. La sortie se déroule dans le silence. Il ne faudrait pas faire fuir les animaux sauvages venus à notre rencontre. Mais les arrêts sont nombreux. Jean-Michel et Serge veulent montrer toute la richesse du site. « A l’intérieur des Cinq Tailles, il y a des chevreuils, des foulques, des cygnes, des chauves-souris, des vaches Highland Cattle et aussi des écureuils. Justement, regardez là-haut dans cet arbre. » Toute la petite troupe lève la tète et peut admirer le petit rongeur sauter gracieusement d’arbre en arbre.

Jean-Michel explique aussi l’histoire du site : « Les Cinq Tailles sont installés sur un ancien bassin de décantation de la sucrerie Beghin Say. Après sa fermeture, le Département du Nord s’est porté acquéreur du site en juin 2001. Son but était de maintenir et développer la diversité des espèces sauvages. » Avec tous les aménagements et la diversité actuelle des espèces sur le site, le Département a réussi son action.

Attention aux crapauds

Une fois à l’observatoire, pendant que Jean-Michel donne des explications précises sur les oiseaux présents, Serge installe les lunettes ornithologiques. A tour de rôle, chacun pourra y mettre son œil pour observer les animaux dans leur milieu naturel. Un moment magique, si près des oiseaux que nous rentrons dans leur intimité.

Et ce n’est que le premier observatoire visité. Entre chaque, Jean-Michel décrit passionnément les oiseaux rencontrés sur le sentier : « C’est une sitelle. Elle est facilement reconnaissable car elle ressemble à une souris bleue qui se déplace à l’envers sur un arbre. » Et attention à ne pas « écraser les crapauds sur le sentier, ajoute le bénévole. Ils sont en période migratoire. » Ouf, à quelques secondes près, l’un d’eux rencontrait ma semelle…

Après trois heures de déambulation dans la forêt, la sortie nature se termine. Retour au parking toujours en scrutant le moindre mouvement dans la forêt. Un petit rouge-gorge siffle comme pour nous dire au revoir. Le doux chant des oiseaux n’est lui pas près de nous quitter.

Rémi SINIARSKI
(Texte & Photo)


25/03 -- Au cœur du marché de Wazemmes

Lille et sa Grand Place, son beffroi, sa vie étudiante, ses multiples musées. Mais que serait la capitale du Nord sans son célèbre marché de Wazemmes ? Voyage au sein du plus emblématique des marchés lillois.

Fruits et légumes font le bonheur des clients.

Une douce brise se mêle aux chauds rayons du soleil en ce dimanche matin : le temps est idéal pour déambuler entre les étales du très typique marché de Wazemmes. L’odeur des fleurs titille en premier les narines des milliers de visiteurs. Les tulipes et les roses s’arrachent à des sommes dérisoires. Et pour cause, la concurrence est rude, les multiples fleuristes bradent leur prix pour tenter de vider leurs stocks. « Allez, je vous fais ce bouquet à 5€ au lieu de 7 », offre un vendeur à une jeune cliente. Les portefeuilles s’ouvrent, les pièces s’échangent sous le regard curieux d’un enfant léchant une sucette rouge.

Très pittoresque, le marché accueille un peu plus d'un demi-millier de commerces qui se regroupent sur la place de la Nouvelle Aventure. D'un côté, le vaste marché couvert ouvrant ses portes toute la semaine. A la base connue pour être la plus animée des guinguettes lilloises, les Halles, rénovées en 2004, n’ont perdu ni de leur charme ni de leur énergie. « C’est la première fois que je viens ici, je suis en week-end dans la région et une amie m’a conseillé de faire un tour au marché de Wazemmes. Je suis ravi et repars avec plein de bonnes choses à manger », révèle un Belge plein d’entrain.

A l'extérieur, ce sont toutes les cuisines du monde qui sont réunies. Produits français ou étrangers,  textiles et tissus, il est impossible de ne pas se laisser tenter et de repartir les mains vides. Entre olives juteuses, poulets rôtis, thé à la menthe et l’irrésistible arôme des fraises mûres, le choix est difficile à faire.

Un véritable festival de couleurs

Un joyeux bazar où les poissonneries, fromageries, boulangeries cohabitent avec des spécialités du monde entier. Surprenant et cosmopolite, le marché de Wazemmes cultive depuis toujours une atmosphère exotique et dépaysante. Plus on s’enfonce dans les allées du plus grand marché du Nord de l’Europe, plus on s’imprègne de l’ambiance animée. Les tables se succèdent et varient rappelant parfois les souks du Maghreb. Alors même si l’on piétine un peu, on se prend au jeu, on flâne, on interpelle les marchands et on découvre de véritables trésors, parfois surprenants.

Ici, une vieille malle en parfait état, là des tapis poussiéreux pouvant conduire au pays des mille et une nuits ou encore des petits soldats de plomb : une véritable caverne d’Ali Baba. Et soudain, sans crier gare, alors qu’on ne s’y attendait pas, on marchande avec l’un des commerçants pour des fruits. « Je m’installe ici tous les dimanches depuis 38 ans déjà », s’exclame André, fleuriste. Les vendeurs hèlent les passants en leur proposant de goûter leurs produits. « J’aime tellement cette ambiance, confie gaiement une passante. Je viens régulièrement acheter mes fruits et légumes ici ».

Dans cette cacophonie, un homme seul assis en plein milieu de la rue. Au début, impossible de le remarquer, mais lorsque l’on s’approche, on est subjugué par la douce mélodie de son violon. Un véritable contraste entre cette improbable incantation et le brouhaha qui l’entoure. Les bras chargés de victuailles, les badauds vident peu à peu les allées et ses étals colorés qui participent au charme de ce marché devenu incontournable.

Julie JANUS
(Texte et Photo)


23/03 -- Deux jours dans la peau d’un étudiant HEI

Chaque année depuis six ans, HEI ouvre ses portes pendant deux jours aux lycéens scientifiques de la France entière. Le but de ce projet est simple : permettre aux lycéens issus d’une terminale scientifique de découvrir le domaine de l’ingénierie en se mettant dans la peau d’un étudiant de l’école.

Les lycéens de la journée « opération essai » suivent une conférence sur les métiers de l’ingénierie.

Le 28 février, une soixantaine d’adolescents déambulent bruyamment dans les rues du quartier Vauban à Lille. Le rendez-vous est fixé dans un des halls principaux de l’école. Un à un, les jeunes franchissent le seuil de l’établissement. Des lycéens sont venus de toute la France pour participer à « l’opération essai » organisée par HEI. Certains sont venus accompagnés de leurs camarades de classe, d’autres comme Quentin, ont préféré vivre cette aventure seul : « Je ne suis pas déçu de cette opération, cela nous donne un aperçu de ce que sera notre vie dans un an. »

Il est 14h lorsque Madame Capelin, une enseignante de HEI, arrive pour tenir une conférence sur les métiers de l’ingénierie. Dans une cacophonie générale, les scientifiques en herbe se pressent dans l’amphithéâtre en prenant soin de s’installer dans le fond de la salle… Sans doute un réflexe du lycée. Parmi le brouhaha, on distingue quelques marques de frustration et d’empressement : « J’espère que ça ne saura pas trop long… » Ou encore : « Je préfère la pratique ! »

Le vacarme a laissé place au silence. Un dernier coup d’œil sur le téléphone portable et les élèves sont maintenant prêts. D’un œil attentif, l’assemblée fixe l’enseignante, qui entame son discours par une piqûre de rappel historique sur les métiers de l’ingénierie. Suit une présentation sur le rôle de l’ingénieur 2.0. « Ce que l’on attend de vous, c’est que vous résolviez des problèmes », conclut Madame Capelin.

HEI : le choix d’une formation généraliste

« A cet âge, c’est très dur de savoir ce que l’on veut faire », annonce Sylvie Carpentier, chargée de communication à HEI. En entrant dans la célèbre école lilloise, les élèves ont un choix très large de secteurs professionnels : naval, aéronautique, ferroviaire et bien d’autres. « HEI est une école d’ingénieur généraliste qui propose aux étudiants d’acquérir des compétences globales afin d’être polyvalents dès la sortie de l’école. Cela permet ainsi aux élèves indécis sur leur choix d’orientation de ne pas faire d’erreur en choisissant une formation généraliste. »

Fin de la conférence. La troupe se dirige d’un pas assuré vers le bâtiment principal. L’endroit leur semble familier et pour cause : cela fait déjà deux jours qu’ils se prêtent au jeu de l’étudiant scientifique. Chimie, informatique, BTP, ces différentes matières non plus de secret pour ces élèves de terminale S, qui suivent des cours pratiques construits sur-mesure.

L’organisation est d’une rigueur imparable. Tout a été pensé pour permettre au lycéen de trouver ses repères. « Durant l’opération, nous leur offrons les petits-déjeuners et les goûters. Le soir, ils vont dîner en ville avec des étudiants HEI », ajoute Madame Carpentier.

L’objectif est atteint. L’apprenti ingénieur se détend dans la cafeteria et semble déjà conquis. Les étudiants de HEI sont arrivés pour encadrer la fin de journée. Après un dernier cours de chimie qui clôturera cette « opération essai » réussie.

Chloé WYREMBLEWSKI
(Texte & Photo)


21/03 -- Des solutions qui tombent Ă  pic !

Vous avez des difficultés pour trouver un logement, une colocation, un job étudiant ou du mobilier ? La plateforme campusvauban.tombapik.com peut être la solution. L’Université Catholique de Lille est la première den France à y avoir souscrit. Ce sont deux jeunes diplômés de l’IESEG qui l’ont lancée en juillet 2009 alors qu’ils étaient étudiants en quatrième année. Alexandre Gendrier et Guillaume Fourdinier ont créé la première plateforme de vie étudiante qui permet de consulter des annonces liées aux problématiques du quotidien.

Plus de 40.000 annonces de logements et de colocations sont publiées sur la plateforme Tombapik.

Les deux jeunes entrepreneurs de 24 ans, Alexandre Gendrier et Guillaume Fourdinier, ont constaté pendant leurs études à l’IESEG de nombreuses problèmes liés au logement, à la colocation, au job étudiant, au moyen de transport, au mobilier, à l’électroménager, etc. « On a expérimenté le fait que la vie étudiante devenait de plus en plus complexe parce que les étudiants sont de plus en plus mobiles, il y a de plus en plus d’échanges, de stages, de césures, d’étudiants internationaux qui arrivent », explique Guillaume Fourdinier, le cofondateur de Tompapik. Ainsi, les deux associés ont décidé de « créer un esprit de communauté dans les écoles et universités qui permettent à tous les étudiants, aux particuliers, aux anciens élèves, aux parents d’élèves, aux enseignants, etc., de se lier pour se soutenir à ce niveau là et publier des annonces quand ils quittent leur logement ».

La plateforme met également à disposition des étudiants d’autres types d’annonces, comme les jobs étudiants. Pour Guillaume Fourdinier, des difficultés sont aussi présentes pour trouver un petit boulot : « Ce n’est pas forcément facile de trouver, pourtant, beaucoup de particuliers souhaitent proposer des gardes d’enfants, des cours à domicile, mais la mise en relation n’est pas faite aujourd’hui. »

Plusieurs avantages s’offrent aux utilisateurs. Le service est gratuit et sécurisé, les annonces sont relues donc il n’y a aucune arnaque possible et elles sont régulièrement mises à jour. De plus, les étudiants ont accès à des annonces qui leur sont réservées car elles sont peu diffusées.

« La base la plus pertinente pour l’étudiant »

L’objectif des créateurs de Tombapik est de jouer sur le côté réseau de l’Université Catholique de Lille. « On centralise toutes les annonces des particuliers, du réseau des parents, des anciens élèves… Si l’étudiant n’a pas trouvé dans ce réseau, il peut encore aller chercher dans le contenu d’autres sites Internet tels que la voix-immo ou se loger, que l’on centralise après. Cela est valable pour le logement, pour les jobs, le mobilier… Ainsi, on se retrouve avec la base la plus pertinente pour l’étudiant. On ne peut pas trouver ça ailleurs », s’enthousiasme Guillaume Fourdinier.

Un autre atout de la plateforme peut également séduire les étudiants. « Si l’étudiant se rend en stage à Paris ou à Toulouse, il trouvera un logement dans ces deux villes sur campusvauban.tombapik puisque nous travaillons avec d’autres établissements dans d’autres villes. » Les deux créateurs souhaitent développer la plateforme dans l’ensemble des universités et écoles de France et continuer de créer des campus virtuels dans chaque établissement.

Estelle KREMPP
(Texte & Photo)

www.campusvauban.tombapik.com


20/03 -- Gecco, ambassadeur du développement durable

Basée à Seclin, Gecco est une entreprise solidaire qui recycle l’huile de friture. Rencontre avec Julien Pilette, un patron empreint des valeurs sociales et écologiques.

Julien Pilette, un entrepreneur responsable.

Vous ne vous êtes probablement jamais demandé ce qu’il advenait de votre huile de friture usagée. Pourtant, elle s’offre parfois une seconde vie, grâce à des hommes comme Julien Pilette, fondateur de l’entreprise Gecco, spécialisée dans la collecte et le recyclage des huiles de friture. C’est lorsqu’il était encore étudiant à l’Ecole Universitaire de Management (IAE) en master de gestion que ce jeune entrepreneur a eu l’idée de créer Gecco. Un ami dont les parents étaient garagistes lui explique alors que les voitures peuvent rouler avec de l’huile alimentaire dans les moteurs. Dès lors, les deux hommes élaborent des plans et murissent leur projet. A la sortie des études, Julien Pilette franchit le pas en créant son entreprise, en 2007.

Une collecte écologique

Depuis le 1er janvier 2010, le recyclage est une obligation imposée aux restaurateurs. L’entreprise se démarque néanmoins par une façon originale de collecter l’huile : « Nous procédons différemment par rapport aux entreprises plus grosses que la nôtre sur le marché. On se considère un peu comme un service public. » A Lille, la collecte s’effectue gratuitement, à l’aide de deux vélos triporteurs. « C’est certes plus long que d’utiliser un camion, mais ça permet de créer plus d’emplois et c’est écologique. On récupère ainsi environ trois tonnes par mois de cette manière. »

Sans chercher à s’accaparer à tout prix les parts de marché sur la métropole, Gecco a tout de même fait son trou en cinq ans d’existence et rencontre un certain succès auprès des petites enseignes grâce au bouche à oreille : « Avant tout, ce sont les restaurateurs qui s’adressent à nous, des friteries, des brasseries et des cantines scolaires mais aussi des déchèteries. Nous couvrons surtout la métropole lilloise mais aussi le reste du Nord-Pas-de-Calais et la Picardie. Au total on récupère l’huile de 1.500 restaurants, soit 220 tonnes en 2011. »

Valoriser l’emploi

Gecco fait partie du réseau des entreprises solidaires, dont la philosophie n’est pas de faire du profit à tout prix mais de placer l’homme au cœur des projets. Le chef d’entreprise, qui emploie six salariés dénonce « le capitalisme actuel, dont l’objectif est de faire du business alors que l’argent est normalement un moyen et non une fin ».

Les profits réalisés par l’entreprise vont avant tout au bénéfice des salariés. Julien Pilette regrette « qu’on ne s’intéresse pas aujourd’hui suffisamment à la qualité des emplois et à ce qu’ils génèrent.  Notre approche est peut-être naïve, mais on y met des valeurs, tout simplement. »

Une entreprise aux multiples palettes

Après la collecte, le plus gros du travail reste à faire. Il est impossible de réutiliser l’huile sans l’avoir traitée au préalable : « Une fois qu’on l’a récupérée, un de nos partenaires en Belgique nettoie l’huile en retirant les frites et l’eau pour obtenir une matière première exploitable. Nous ne récoltons pas assez pour la traiter nous-mêmes. »

Gecco ne dépend pas uniquement de la collecte de l’huile pour se développer. Cette entreprise écologique fabrique ainsi différents produits, en particulier des lubrifiants mécaniques. « On essaie de monter en Ardèche une filière d’huile de chaîne de tronçonneuse, récoltée, traitée et revendue localement. » Des appareils de filtrage, destinés aux restaurateurs, ont été mis au point afin d’exploiter l’huile plus longtemps « pour réduire le déchet à la source ». Enfin, Gecco Management, une branche parallèle, promulgue aux entreprises intéressées des conseils de qualité et de sécurité en matière de développement durable.

La recherche, pour améliorer le biodiesel

Gecco a également un pied dans la recherche en lien avec les agro-carburants. Un thème qui est cher à Julien Pilette, qui voit en l’huile alimentaire un déchet à mettre en valeur dans un contexte de crise du pétrole.  « C’est à nous de trouver une solution intelligente. En recyclant l’huile, on rend service à la société. On travaille pour développer du biodiesel avec de nouvelles méthodes, afin d’optimiser la combustion dans les moteurs et obtenir un meilleur rendement. »

En effet, l’huile n’est pas un combustible aussi efficace que les carburants traditionnels et pose des problèmes quand les températures sont basses : « Quand il fait froid les moteurs ont du mal à démarrer. C’est pourquoi nous essayons d’améliorer ça, avec le soutien du Laboratoire de l’Université de Sciences et Technologies de Lille 1. » Gecco montre une nouvelle voie, celle où il est possible d’allier écologie, solidarité et emploi.

William GALLEZ et David RIVIERE
(Texte & Photo)


20/03 -- Zoom sur la macrophotographie

Qui n’a jamais eu envie de prendre le bus magique pour explorer l’infiniment petit ? Le muséum d’histoire naturelle de Lille permet à chacun de s’y croire en  faisant l’expérience de la macrophotographie au travers de son exposition Zoom, qui se tient jusqu’au 20 mai.

Pour tous les âges, l'immersion est totale et surprenante.

La macrophotographie, qu’est-ce que c’est ? La prise de vue d’objets, d’insectes, d’animaux et bien d’autres choses encore, et qui révèle des détails que notre œil ne saurait voir de prime abord. Soit la photo d’une vision microscopique assez inhabituelle. Et cela tombe bien, puisque l’exposition Zoom offre à tous les curieux l’expérience de cette vision du monde très particulière.

Le photographe naturaliste Gilles Martin a prêté ses œuvres pour l’occasion, tirées en grand format pour que chacun puisse profiter de l’expérience. Ses photos ainsi agrandies, le spectateur se sent presque petit face à un crapaud qui le fixe obstinément, ou encore à une mante religieuse qui déploie ses pattes. Certaines vues confinent parfois à de l’art abstrait, tant les photographies de Gilles Martin plongent au cœur du sujet, parfois au sein d’une explosion de couleurs et de formes sans précédent.

« C’est la première fois que l’on présente ce type de photos »

Et pour que l’expérience soit encore plus immersive, le muséum d’histoire naturelle propose des manipulations pour petits et grands autour de plusieurs microscopes et de loupes binoculaires. Sur les lamelles, des échantillons aussi variés qu’un poil de mygale, une aile d’insecte, jusqu’à des acariens mangeurs de croûte de fromage, bien vivants et s’agitant furieusement sous la lentille.

Une expérience saisissante qui permet d’effectuer un pas supplémentaire dans le monde du microscopique. Attention toutefois : cette activité n’est proposée que le mercredi, le dimanche, et lors des vacances scolaires, de 14h30 à 16h, en compagnie d’un animateur.

Au final, chacun peut s’imaginer évoluer durant un temps parmi les insectes et les lézards, à leur échelle. « C’est la première fois que l’on présente ce type de photos », explique avec satisfaction une employée du muséum, consciente que le thème de la macrophotographie attire les foules. Et pour une première expérience dans le domaine, Zoom mène rondement les opérations. De quoi s’ouvrir à de nouveaux horizons… au ras des pâquerettes.

Jessica GENETEL
(Texte & Photo)


20/03 -- Lille commémore la fin de la guerre d’Algérie

La cérémonie départementale de commémoration du 50e anniversaire du cessez-le-feu du 19 mars 1962 a rassemblé du monde à Lille. Avec la volonté d’adresser un  message d'espoir et de paix.

La main dans la main, comme sur le front, Jean-Marie Linne, président départemental de la FNACA, et un membre de la famille des Harkis rallument la flamme du soldat inconnu

Une voix déchire le silence au monument aux morts, place Rihour, ce lundi 19 mars. « Récipiendaires, rejoignez votre emplacement », commande le maître des cérémonies. Lille vit, comme partout en France, le 50e anniversaire du cessez-le-feu de la guerre d'Algérie. De la place du Général de Gaulle, les anciens combattants rejoignent le lieu de la cérémonie départementale. Les élus suivent les porte-drapeaux, ouvrant un cortège d'une foule replongée dans les années 60.

Des adhérents de la Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie-Maroc et Tunisie (FNACA) reçoivent des médailles. Une reconnaissance de leurs initiatives courageuses durant cette période éprouvante. Des lectures mémorielles font revivre les voix de ces personnages illustres. L'extrait du texte Général Ailleret reste emblématique. Le 18 mars 1962, le Gouvernement français et le Gouvernement provisoire de la République algérien décrètent la fin des hostilités. « A toutes les forces de l'ordre, ce cessez-le-feu met fin à toute sorte de combat », clamait le Commandant en chef en Algérie au lendemain des Accords d’Evian.

Double objectif de la célébration : message et démonstration

Le Comité  départemental rappelle que le cessez-le-feu met fin à dix ans de guerre en Afrique du Nord. 30.000 militaires dont 971 natifs du département y laissent la vie. La date est chargée de sens : la France n'est pas en guerre pour la première fois. Aujourd'hui encore, la France est épargnée des troubles alors que la guerre sévit dans beaucoup de régions. « Nous voulons dire aux jeunes générations combien la paix est un bien inestimable. Et elle appelle la vigilance. Nous apportons un message de paix et d'espoir », affirme le représentant du Comité départemental.

Les anciens combattants avouent également un autre but à cette célébration. Ils se rassemblent en nombre pour démontrer que le 19 mars est la seule date historique à officialiser. Les responsables nationaux de la FNACA évoquent le récent sondage IFOP pour expliquer qu'ils sont en parfait accord avec les Français. Au mois de janvier, ils étaient 81% à souhaiter que ce soit le 19 mars qui soit retenu pour commémorer la fin de la guerre d’Algérie.

« Une partie des Pieds noirs (Français habitant en Algérie au moment des faits) refusent la proposition parce qu'il y a eu encore des morts après cette date. Les Harkis qui ont été tués, accusés d'être des traîtres par leurs frères algériens, voient en cette date le début de leur calvaire. Mais il reste que ce cessez-le-feu marque la fin des atrocités à grande échelle », reconnaît Jean-Luc Lemant, trésorier départemental et secrétaire national de la FNACA. 50 ans plus tard, dépasser les souffrances individuelles reste un défi de taille.

Emmanuel NKURUNZIZA
(Texte & Photo)


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