Événement recherche
Romaric Thurel, vous avez soutenu votre thèse de doctorat en science politique le 11 septembre 2026, sur le thème des bouleversements environnementaux chinois et japonais.
Pouvez-vous nous expliquer ce qui a motivé votre démarche ?
Après plusieurs années à m’engager de manière bénévole et professionnelle au service de l’environnement, j’ai ressenti le besoin de m’orienter vers la recherche. C’était une chance pour moi d’approfondir véritablement mes connaissances sur le sujet pour aller au-delà de débats parfois superficiels dans l’espace public.
J’ai fait le choix d’étudier la Chine et le Japon, car j’ai toujours été passionné par ces aires civilisationnelles. Surtout, ces pays sont au cœur des problématiques environnementales et géopolitiques contemporaines. Par exemple, presque un tiers des émissions mondiales de CO2 sont produites en Chine. Si l’on veut étudier les enjeux de puissance liés à l’environnement à l’échelle mondiale, il est donc impossible de faire l’économie d’une étude approfondie de ces pays et, plus largement, de l’Asie.
Pouvez-vous résumer les conclusions auxquelles vous êtes arrivé à l’issue de ce travail de recherche conséquent ?
La principale contribution de cette thèse consiste en une étude comparée des enjeux environnementaux en Chine et au Japon. Une étude de cette ampleur est inédite dans la littérature scientifique française. Elle inclut une analyse stratégique et systématique de ces enjeux à l’échelle nationale (gouvernance, économie…) ainsi qu’à l’échelle internationale (diplomatie, défense…).
Les enseignements de cette étude sont nombreux. Pour résumer, je dirais simplement que les enjeux environnementaux ne sont plus un défi périphérique pour ces pays. Ils constituent des bouleversements qui conditionnent en partie leur avenir. Plus largement, je cherche à démontrer que les relations internationales, en tant que discipline académique, doivent évoluer pour mieux intégrer ces enjeux.
Ce thème résonne avec l’actualité, pouvez-vous nous en donner quelques exemples ?
L’un des exemples les plus marquants dans l’actualité concerne les différentes canicules que nous avons traversées en France. Une prise de conscience collective est en train d’émerger sur le fait que l’Anthropocène et le dépassement des limites planétaires ne sont pas des sujets lointains qui concernent les générations futures. De nombreux Français ont ressenti dans leur chair que l’urgence est bien présente.
Vous avez travaillé au sein de l’unité de recherche MUSE de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’UCL, sous la direction de Barthélémy Courmont. Comment cela a-t-il nourri votre travail ?
Barthélémy Courmont a été mon directeur de mémoire en master. Il m’a ensuite offert l’opportunité de faire de la recherche. Sa vision, ses conseils et sa confiance ont été précieux tout au long de l’écriture de ma thèse. Il m’a aussi offert un exemple de carrière professionnelle crédible et inspirant pour l’avenir.
Je suis heureux d’avoir découvert la FLSH à mon entrée en doctorat. Le cadre est très agréable à vivre au quotidien et j’ai été étonné par le sérieux et l’enthousiasme des étudiants lors de mes premiers enseignements. Surtout, j’ai pu rencontrer des enseignants-chercheurs d’autres disciplines, ce qui a largement nourri ma réflexion.
Selon vous, quel est le rôle et l’importance de la recherche scientifique aujourd’hui ?
La recherche scientifique est essentielle pour construire l’avenir de nos sociétés. Elle nous permet de comprendre, et donc d’agir collectivement, pour répondre aux défis de notre temps. Cette lucidité est encore plus nécessaire actuellement, à une heure où l’information, et donc une forme de vérité, devient un enjeu de pouvoir et de manipulation. La recherche prend ainsi une place essentielle pour lutter contre des phénomènes comme les fakes news ou la désinformation.