Événement recherche
EXPOSITION
Filmer les procès, un enjeu social
De Nuremberg au génocide des Tutsi au Rwanda
Du 21 septembre au 18 décembre 2026
Palais de Justice de Bruxelles
Entrée gratuite
À travers l’exposition « Filmer les procès, un enjeu social – De Nuremberg au génocide des Tutsi au Rwanda », la Faculté des Lettres et Sciences humaines propose de questionner la place des images dans les procès historiques et leur rôle dans la compréhension, la transmission et la mémoire des crimes de masse.
L’exposition sera présentée du 21 septembre au 18 décembre 2026 au Palais de Justice de Bruxelles.
En partenariat notamment avec : le Ministère de la Culture, la Cour d’appel de Bruxelles, les Archives nationales, le War Heritage Institute et le C3RD (Faculté de Droit de l’Université Catholique de Lille).
Cinq années de recherche et de réflexion
Cette exposition s’inscrit dans la continuité d’un travail pédagogique et scientifique engagé en 2021, mené en étroite collaboration avec les Archives nationales et plusieurs institutions partenaires.
Son fil conducteur est l’étude des procès filmés et de la manière dont ils sont perçus et documentés, notamment selon qu’ils se déroulent en France ou en Belgique. Le dialogue engagé depuis plusieurs années entre les différentes institutions associées au projet permet aujourd’hui d’ouvrir de nouvelles perspectives de recherche sur la représentation judiciaire des crimes de masse et, en particulier, sur les procès liés au génocide des Tutsi au Rwanda.
L’exposition revient ainsi sur plus de trente ans de débats et de recherches autour de la manière dont la justice, les médias et les sociétés construisent et transmettent la mémoire de ces crimes.
Filmer les procès : entre histoire, justice et mémoire
Les modalités d’enregistrement des procès diffèrent selon les pays et les périodes.
En France, la loi du 11 juillet 1985, dite loi Badinter, a notamment permis l’enregistrement audiovisuel de procès présentant un intérêt pour la constitution des archives historiques, dans le contexte notamment du procès de Klaus Barbie.
En Belgique, l’histoire de la captation des procès s’inscrit dans un cadre différent. Les lendemains de la Seconde Guerre mondiale ont notamment été documentés par la photographie de presse, comme lors du procès de Malines, qui s’est tenu devant le Conseil de guerre à partir de 1946 et qui a conduit, en 1947, à l’exécution de plusieurs responsables des tortures commises au fort de Breendonk.
Ces différences de pratiques et de cadres juridiques constituent l’un des axes majeurs de l’exposition : comment enregistrer un procès destiné à entrer dans l’Histoire ? Quelle place accorder aux images lorsqu’il s’agit de juger des crimes contre l’Humanité ? Et que nous permettent-elles de comprendre que les archives écrites des procédures ne peuvent pas toujours restituer ?
Ce que les images donnent à voir
Les archives audiovisuelles permettent de faire entendre les voix des différents acteurs du procès et de saisir des éléments qui échappent aux seuls documents judiciaires : les plaidoiries des avocats, les expressions, les gestes, les regards, mais aussi les silences.
Ces images constituent toutefois des archives particulières. Elles donnent à voir une réalité nécessairement située, construite par un dispositif de captation et par le regard de ceux qui filment, commentent et diffusent.
L’exposition invite ainsi à interroger notre rapport aux faits, aussi bien du point de vue juridique que médiatique et historique. Elle montre combien l’analyse des périodes post-conflit et post-génocide nécessite de croiser les regards et les sources.
Un projet au croisement de plusieurs disciplines
« Filmer les procès, un enjeu social » s’inscrit au croisement de plusieurs champs de recherche : histoire du droit, criminologie, justice internationale, journalisme, sciences de l’information et de la communication, histoire et mémoire.
Pour Marie-Eve Saint Georges, enseignante et chercheuse en sciences de l’information à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, qui a notamment contribué au projet par ses travaux sur les procès filmés :
« Cette initiative consiste à élargir la compréhension des crimes de masse et du génocide des Tutsi au Rwanda en particulier. L’exposition permet de questionner la compréhension et le rôle du journaliste présent à ces procès, d’intégrer la portée mémorielle de ces procès filmés et d’envisager les nuances importantes entre les juridictions belges et françaises. »
L’exposition s’adresse ainsi au grand public, mais constitue également un support pédagogique pour les étudiants en histoire, relations internationales, journalisme, communication audiovisuelle, droit et dans les disciplines qui s’intéressent aux processus judiciaires et mémoriels.
Comprendre les procès pour mieux comprendre l’Histoire
De Nuremberg aux procès consacrés au génocide des Tutsi au Rwanda, les images judiciaires témoignent de moments où la justice tente de répondre aux crimes de masse et de lutter contre l’impunité.
En donnant à voir les procès, leurs acteurs et leurs contextes, l’exposition interroge à la fois la fonction de la justice, la construction de la mémoire et le rôle des médias dans la transmission de l’Histoire.
Entre archives, recherche scientifique et réflexion pédagogique, « Filmer les procès, un enjeu social » propose ainsi de regarder autrement les images de justice et les traces qu’elles laissent dans la mémoire collective.