Art, culture, numérique
Coordonné par David Faltot et Zineb Majdouli, enseignants-chercheurs, laboratoire MUSE/Axe Scène(s)/Pôle ACT’N
Comment penser les rapports entre les faits artistiques et culturels et les technologies numériques dans un monde caractérisé par l’effacement progressif des frontières disciplinaires ?
Dans le cadre de ce séminaire interdisciplinaire, adossé à la rubrique éponyme de Culture’Com : La Revue, il s’agit d’explorer le lien intime entre les pratiques et les outils qui les forment, les transforment et les médiatisent. Ouvert à des chercheurs d’horizons divers, ce séminaire ne se limite pas à une approche unique : il s’articule autour de deux axes cardinaux et complémentaires.
1. L’étude des pratiques et faits culturels en contexte.
D’une part, ce séminaire accueille les chercheurs qui se saisissent de l’art et de la culture comme objets d’étude analytique. Qu’ils s’inscrivent dans le champ de la socio-anthropologie, de l’esthétique, de la sémiologie, de l’analyse littéraire ou de l’histoire des arts, les intervenants observent et étudient une pratique culturelle donnée dans un contexte donné. L’enjeu est de réfléchir collectivement à ces objets et faits culturels, ainsi qu’aux méthodologies à mobiliser au sein d’un environnement (technologique et numérique) en constante transformation.
2. La démarche de recherche-création et les méthodes multimodales.
D’autre part, ce séminaire offre un espace d’expression aux chercheurs-artistes et artistes-chercheurs qui font le choix de la « recherche-création ». Qu’il s’agisse de praticiens confirmés ou de chercheurs s’essayant à une écriture alternative en sciences humaines et sociales (SHS), l’objectif est de valoriser la spécificité de ces démarches. En s’appuyant sur des médiums variés — création (audio)visuelle, photographie documentaire, field recording, sound studies, exposition, arts technologiques —, nous souhaitons susciter un débat critique. Il s’agit ainsi d’interroger et de mettre en œuvre des méthodes dites « multimodales » pour bousculer les hiérarchies académiques.
Ensemble, avec les étudiants, les créateurs et les scientifiques, le séminaire ACT’N propose de faire dialoguer l’analyse théorique des faits culturels et l’expérimentation sensible pour décloisonner la recherche de demain.
Programme
Séance 1 : « Wild tangerine in my pockets » par Sarah Penanhoat, artiste plasticienne.
Mardi 22 septembre 2026
17h00 – 19h00 | Amphi HA 047 | 60 boulevard Vauban, Lille
« Ma démarche artistique s’inscrit dans des axes de recherche autour du vivre ensemble à travers la nourriture et l’archivage de souvenirs. Je crée le dispositif de cuisine et de consommation, et je restitue des histoires existantes, que cela me soit personnel ou transmis. J’essaye d’ériger ces éléments dit anecdotiques en images pérennes. Ces sculptures et installations existent aussi en tant qu’art de la table, où je mets mes compétences au service de professionnels de la cuisine pour sublimer leurs plats. Mes références sont multiples et protéiformes. Les sujets sont d’actualité, tant politiques qu’intimes, quotidiens : je prends le parti de transcrire nos histoires communes en trame narrative et visuelle. »
Ouverte à tous sur inscription.
Séance 2 : Rencontre-concert par le collectif Muzzix
Lundi 5 octobre 2026
18h00 | La Malterie | 42 rue Kuhlmann, 59000 Lille
Le collectif Muzzix a proposé entre septembre et décembre 2025 des ateliers d’initiation aux musiques expérimentales à destination des professionnel·le·s de la culture et des musiques actuelles, ainsi que des étudiant·e·s en formation aux métiers de la culture. Initiés dans le cadre du Contrat de Filière des Musiques Actuelles de la région Hauts-de-France, ces ateliers avaient pour objectif de favoriser une meilleure compréhension des musiques expérimentales, improvisées et électroacoustiques par la pratique directe.
Pour clore ce parcours, le collectif Muzzix vous invite à la présentation de la synthèse de ce projet le lundi 5 octobre à la malterie. Cette rencontre aura lieu lors du festival Muzzix & Associés et sera suivie d’une soirée de concerts avec le duo Beñat Achiary & Michel Doneda (FR) ainsi que le duo Joranima (FR).
Pour plus d’informations :
Séance 3 : Filmer les transitions : une démarche de recherche-création en territoire par Valérie Billaudeau
Jeudi 26 novembre 2026
17h00 – 19h00 | Amphi HA 047 | 60 boulevard Vauban, Lille
Caméra « au poing » entre 2021 et 2023, Valérie Billaudeau a suivi l’accompagnement de CTS dans la mise en œuvre d’actions vers les transitions avec des collectifs d’acteurs dans trois EPCI des Pays-de-la-Loire. Le film documentaire qu’elle propose de nous présenter, va à la rencontre de citoyens, d’élus, d’entrepreneurs et de militants qui se sont engagés dans des démarches de transitions écologiques et sociétales. Les différents témoignages interrogent les réflexions et les actions ancrées en Pays de la Loire, avec leurs moteurs et motivations, leurs freins et leurs fatigues ainsi que leurs inquiétudes. Le film nous raconte un processus de recherche et de création en territoire.
Transitions au long cours a été réalisé par Valérie Billaudeau, chercheuse au laboratoire Espaces et Sociétés-UMR 6590 à Angers en partenariat avec le Collège des Transitions Ecologiques et Sociétales-CTS à Nantes.
Ouverture des inscriptions le 15 octobre 2026
Prochainement
Séance 4 : Ines Oudadesse Doctorante LABSIC, Université de Paris 13
Au-delà des frontières : l’export du rap marocain enjeux économiques, diplomatie
Jeudi 21 janvier 2027
17h00 – 19h00 | Amphi HA 047 | 60 boulevard Vauban, Lille
Cette présentation vise à présenter les premiers résultats et l’avancement d’une thèse portant sur la circulation à l’international de la musique rap issue de la scène marocaine. Cette étude vise à analyser les conditions dans lesquelles les artistes de rap marocain parviennent à s’exporter et à atteindre des publics internationaux à travers la diffusion de la musique enregistrée mais également le spectacle vivant, d’un point de vue à la fois socio-économique et socio-politique. Effectivement, le rap constituant un style musical historiquement marginalisé, il occupe aujourd’hui une place prédominante dans le paysage musical mondial malgré les rapports de pouvoir auxquels il fait face. L’essor de la scène marocaine à travers ses frontières nationales témoigne alors d’une dynamique d’export notable dont ce travail vise à analyser les facteurs et limites.
Séance 5 : Tatiana Kacan, directrice de l’agence Cortex, autrice et chroniqueuse
Mettre les sciences en récit : une expérience de recherche-création éditoriale
Jeudi 11 février 2027
17h00 – 19h00 | Amphi HA 047 | 60 boulevard Vauban, Lille
L’ouvrage Vulgariser, c’est transformer, écrit par Tatiana Kacan paraîtra le 18 juin aux éditions EDP Sciences.Il s’intéresse aux enjeux contemporains de la vulgarisation scientifique et donne la parole à des acteurs très variés : membres du grand public, médiateurs et médiatrices scientifiques, illustratrices scientifiques, communicants, mais aussi à Audrey Dussutour, dont les travaux sur le blob sont aujourd’hui largement reconnus. Tatiana Kacan nous présentera son livre et ce que signifie réellement transmettre les sciences et les transformations que cela produit, tant chez celles et ceux qui vulgarisent que chez celles et ceux qui reçoivent ces savoirs.
Séance 6 (à confirmer) : Ollivier Dyens, Professeur en histoire de l’art et littérature, Université de McGill
Mercredi 17 mars 2027
14h00 – 16h00 | Amphi HA 047 | 60 boulevard Vauban, Lille