Inégalités en santé : communication médecin-patient et biais de perception de la douleur
Masterclass organisée par Léo Toussard, enseignant-chercheur en psychologie de la santé au laboratoire PSyCOS de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, dans le cadre du séminaire de recherche, avec pour invitée Cassandra Géon, enseignante-chercheuse en psychologie sociale et du développement à l’Université Clermont-Auvergne.
📅 Jeudi 19 mars 2026
🕒 16h30 – 18h30
📍 HA 170 | Aile Vauban, 60 Bld Vauban.
🎟️ Ouverte à tous les étudiants et salariés de l’Université Catholique de Lille

Les inégalités en santé constituent un enjeu majeur pour les systèmes de soins. Au-delà des disparités d’accès aux ressources, elles se manifestent dans l’expérience même du soin, notamment par la qualité des interactions cliniques et de l’évaluation des symptômes.
La relation médecin-patient joue un rôle central dans les trajectoires de santé. La communication est le lieu où l’expertise médicale devient un soin interpersonnel : explications, questions, reformulations et décisions partagées permettent de transformer des connaissances scientifiques en compréhension et des recommandations en actions concrètes (Street et al., 2009 ; Barry & Edgman-Levitan, 2012). Or, ces mécanismes s’inscrivent dans un système de santé marqué par des inégalités raciales persistantes en matière d’accès, d’expérience et de résultats (Smedley et al., 2003 ; Penner et al., 2012). Des différences systématiques de qualité communicationnelle ont ainsi été documentées dans les consultations impliquant des patients Noirs par rapport à des patients Blancs, notamment en matière de partenariat décisionnel, de clarté des explications ou de chaleur affective (Shen et al., 2018).
La douleur constitue un second prisme central pour comprendre ces dynamiques. Bien qu’universelle, sa reconnaissance et son soulagement dépendent profondément d’autrui, en particulier des professionnels de santé (Hadjistavropoulos et al., 2011). Une prise en charge adéquate de la douleur est considérée comme une responsabilité médicale fondamentale (Brennan et al., 2019). Pourtant, la littérature montre que la perception et le traitement de la douleur varient selon l’identité sociale de la personne qui l’exprime, notamment en fonction de son origine ethnique et de son genre (Anderson et al., 2009 ; Wandner et al., 2012).
Lors de ce séminaire, je présenterai deux axes de recherche complémentaires. Le premier, mené aux États-Unis, examine les différences communicationnelles entre médecins et patients selon l’origine raciale du patient, à partir de consultations standardisées. Le second, mené en France, explore l’existence d’un biais dans la perception et l’évaluation de la douleur selon l’origine ethnique et le genre de la personne qui décrit ses symptômes. Ces travaux visent à identifier les mécanismes psychosociaux susceptibles de contribuer aux inégalités en matière de santé.

