Un documentaire FLSH sélectionné au Brésil

Candomblé, l’héritage africain

(Erika Thomas & Bernard Thomas, 2018, 55 min),

Un documentaire FLSH sélectionné au Brésil

Erika Thomas, vous êtes professeur en cinéma à la FLSH et responsable du Master Management de la culture et Réalisation documentaire ainsi que auteur-réalisatrice de films documentaires

et vous venez de réaliser un nouveau documentaire qui a été sélectionné au Brésil. Pouvez-vous tout d’abord nous parler de ce documentaire et de sa réalisation ?

Erika Thomas – Oui avec grand plaisir ! Candomblé, l’héritage africain est un documentaire que j’ai co-écrit avec Bernard, mon compagnon, sur cette religion qui subsiste jusqu’à aujourd’hui et qui a été introduite au Brésil par les esclaves venus des côtes africaines dès le XVIe siècle. Co-écrire cela veut dire que nous avons, ensemble, fait un certain nombre de recherches sur la question et qu’après quelques repérages nous avions une idée assez précise du type de séquences que nous voulions pour ce documentaire. En avril, je suis partie au Brésil avec ma caméra pour 15 jours de tournage – ce qui est très court – et ensuite j’ai eu un mois et demi de montage. C’est important de préciser qu’il s’agit d’un travail anthropologique qui a bénéficié du soutien d’universités du Ceara au Brésil, et dont l’objectif de diffusion concernait essentiellement les départements d’anthropologie.

Pourquoi ce sujet vous intéressait-il ?

ET – Parce qu’il concerne la mémoire d’un pays – le Brésil – qui selon moi est un pays assez amnésique. Le candomblé témoigne de l’histoire : il se constitue comme trace de cette histoire douloureuse de l’esclavage. Mais mon documentaire n’est pas historique, sa perspective est anthropologique et culturelle. Baba Leo, un représentant du culte, nous fait découvrir des aspects de cette religion, sa culture afro et ses valeurs. Vous savez, les adeptes de cette religion – dont beaucoup sont des descendants d’esclaves – sont aujourd’hui très largement stigmatisés et victimes de préjugés au Brésil. Le rapport d’Amnesty International de cette année indique d’ailleurs que nombre de leurs lieux de culte ont été brûlés ou attaqués par des bandes ou par des particuliers. Donc faire un film pour montrer ce qu’est le candomblé est aussi une façon de prendre position et de rappeler les racines noires du Brésil. Comme notre précédant documentaire, Archéologie en Amazonie, la mémoire de la terre, rappelait les origines indigènes du pays.

Et donc Candomblé, l’héritage africain vient d’être sélectionné au Brésil, n’est-ce pas ? Est-ce qu’il existe une version française et si oui où pourra-t-on le voir ?

ET – Oui, ce documentaire vient d’être sélectionné par le Secrétariat de la Culture de l’Etat du Ceara qui l’a inscrit au calendrier officiel des manifestations liées à la Journée de la Conscience Noire. Je suis vraiment très heureuse d’apprendre cette nouvelle car c’est vraiment une belle visibilité pour notre documentaire ! Et oui il a des sous-titres en français et en anglais. J’organiserai une projection à la fac bien sûr ! Et puis, je le présenterai ailleurs aussi ! J’aimerais qu’il voyage et j’espère vraiment le montrer en Afrique, mais on en reparlera à l’occasion !

 

Candomblé, l’héritage africain (Erika Thomas&Bernard Thomas, 2008, 55 min)

Synopsis : Introduit au Brésil par les esclaves africains à partir du XVIe siècle, le candomblé – s’il intéresse encore les anthropologues et les historiens – est aujourd’hui une religion largement stigmatisée au Brésil. Ce documentaire donne la parole à Baba Leo, un des représentants du culte, pour laisser entrevoir – au-delà d’un imaginaire et d’une résistance – une ode à la nature et à la vie comme héritage africain.