Journée d’étude sur les fortifications septentrionales

Journée d’étude – Le 18 Octobre à 9h15

Accepter, oublier ou valoriser les fortifications des villes du Nord-Ouest de l’Europe depuis le Moyen Âge, journée d’étude organisée par Philippe Diest, Responsable Pédagogique de la Licence Histoire en partenariat avec IRHIS.

Les fortifications et les citadelles font sans conteste partie du paysage et du tissu urbains de l’Europe du Nord-Ouest. Imposées par une géographie défavorable à la défense en l’absence de grands massifs montagneux ou forestiers, ces enceintes n’ont cessé d’évoluer depuis le Moyen Âge avec les progrès de l’artillerie et de la poliorcétique. Le mur médiéval a progressivement fait place, sans systématiquement disparaître, à la fortification bastionnée de l’époque moderne pour aboutir à une ruralisation des défenses avec la construction de forts détachés. Parce qu’elles ont été érigées par les pouvoirs locaux pour protéger leurs biens ou par les États souverains pour renforcer leurs possessions territoriales, ces architectures défensives sont perçues différemment en fonction des enjeux politiques, économiques, sociaux et culturels qui peuvent s’y rattacher. Symboles de l’autonomie municipale ou de l’oppression étrangère, entraves imposées aux autorités civiles par les militaires, réserves foncières dans un espace saturé, les fortifications ont été vécues avec équivoque entre l’obstacle, la contrainte ou l’opportunité. Au xixe siècle débute leur lent déclin, aboutissant à leur progressif déclassement et ouvrant la voie à un démantèlement ou une éventuelle conservation.

 

La journée d’étude proposée dans le cadre du projet « archéologie et patrimoine militaires » de l’IRHiS–UMR 8529 (Univ. Lille, CNRS) invite à s’interroger sur la représentation des fortifications au fil des siècles. Situé au carrefour de routes terrestres et maritimes entre la Seine, la Meuse et le Rhin, espace fortement peuplé attisant les convoitises depuis le Moyen Âge, ce territoire conserve les traces ou des résiliences de son passé guerrier. S’intéresser à la perception de ses défenses invite à envisager toute la gamme des attitudes : tolérance, condamnation, acceptation… L’enceinte a longtemps symbolisé la ville et matérialisé ses limites, facilitant ainsi la collecte des taxes d’octroi et le contrôle des étrangers. Les servitudes militaires, intérieures et extérieures, ont renforcé cette rupture avec les campagnes, tout en permettant l’établissement de ceintures vertes. Cependant, l’affirmation de l’État moderne a multiplié les contraintes foncières et administratives, non plus consenties par les autorités locales mais imposées par les autorités souveraines. Les évolutions démographiques et économiques ont régulièrement été occultées par la nécessité de défendre le territoire national, générant l’envie de se libérer des fortifications. Enfin, lorsque ces dernières ne sont pas détruites, leur conservation provoque des débats en raison d’un entretien particulièrement onéreux. Les villes de la région donnent cependant aujourd’hui de nombreux exemples de patrimonialisation ou de reconversion réussie des espaces fortifiés.

 

La journée d’étude invite les historiens, les géographes, les archéologues et les professionnels du tourisme et du patrimoine à échanger sur le temps long et le temps court à l’évolution de la perception des fortifications urbaines entre acceptation, refus et valorisation. S’appuyant sur les nouvelles problématiques de l’histoire urbaine, de l’histoire du fait militaire ainsi que sur les sciences du patrimoine, les communications répondront à cette interrogation dans différentes temporalités (du Moyen Âge à nos jours) et spatialités (échelle locale, régionale, nationale).

 

RDV le 18 octobre à 9h15

Salle de séminaire de l’IRHIS, Université de Lille – Site du Pont-de-bois – Villeneuve d’Ascq

Découvrir le programme détaillé

 

 

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